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Vaccin d'AstraZeneca: ce qui le différencie de ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna

Une laborantine teste des échantillons de vaccins contre le covid-19 à Ramallah dans les Territoires palestiniens le 2 février 2021 (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Une laborantine teste des échantillons de vaccins contre le covid-19 à Ramallah dans les Territoires palestiniens le 2 février 2021 (PHOTO D'ILLUSTRATION) - ABBAS MOMANI © 2019 AFP

Avec l'autorisation du vaccin AstraZeneca par la HAS, la France dispose désormais de trois vaccins anti-Covid-19. Ce troisième est moins coûteux et plus facile à stocker, mais ne s'adresse pas au même public.

La Haute Autorité de Santé a autorisé mardi la commercialisation en France du troisième vaccin anti-Covid-19, celui du laboratoire anglais AstraZeneca. Peu coûteux, plus facile à stocker et à administrer, ce nouveau vaccin pourrait booster la campagne vaccinale, à l’heure où les Français se font vacciner au compte-gouttes.

Pour autant, il ne sera dans un premier temps pas administré aux personnes de plus de 65 ans, pourtant le public le plus fragile face au Covid-19. L'occasion de revenir en détail sur les principaux éléments qui différencient ce nouveau vaccin des deux précédemment autorisés, celui de Pfizer/BioNTech et celui de Moderna.

• Un vaccin à "vecteur viral"

Le vaccin AstraZeneca/Oxford est "à vecteur viral", c’est-à-dire qu’il prend comme support un autre virus, en l'occurrence un adénovirus commun chez le chimpanzé. Ce dernier a été affaibli et génétiquement modifié pour empêcher le nouveau coronavirus de se répliquer dans l'organisme humain. La manière qu'il a de délivrer du matériel génétique dans les cellules, leur ordonnant d'attaquer le Covid-19, a été présenté comme un "cheval de Troie".

Les vaccins Pfizer/BioNTech, et Moderna, déjà utilisés en France, se servent de l’ARN messager. C’est une technique qui consiste à injecter dans nos cellules des brins d'instructions génétiques, pour leur faire fabriquer des protéines ou "antigènes" spécifiques du coronavirus. Ces protéines vont être livrées au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps.

• Une logistique simplifiée

Ce nouveau vaccin est plus facile à stocker que les deux vaccins déjà commercialisés en France. Le vaccin AstraZeneca/Oxford peut être conservé à la température d'un réfrigérateur, soit entre 2 et 8 degrés Celsius.

Les conditions de conservation des deux premiers vaccins sont plus contraignantes: celui de Moderna doit être conservé dans un congélateur à -20 degrés Celsius, puis dans un réfrigérateur classique dans les 30 jours avant son utilisation. Le vaccin Pfizer/BioNTech doit quant à lui être gardé dans des super congélateurs à -70 degrés Celsius et ne peut en être sorti que cinq jours maximum avant l’injection.

Cette facilité a une incidence sur le coût, puisque ce nouveau vaccin est beaucoup moins cher que les deux précédents. La secrétaire d’Etat belge chargée du budget, Eva De Bleeker, avait publié par erreur en décembre dernier les tarifs en vigueur sur les contrats: une dose de vaccin AstraZeneca/Oxford était à 1,78 euro l’unité, tandis que le vaccin Pfizer/BioNTech coûtait 12 euros et celui de Moderna 14 euros.

• Un public différent

Le vaccin d'AstraZeneca n'est pas recommandé en France pour les plus de 65 ans, faute de données actuellement disponibles sur son efficacité dans cette classe d'âge. "Il manque des données pour les patients de plus de 65 ans, ces données vont arriver dans les semaines qui viennent, dans l'intervalle, nous recommandons son utilisation chez les moins de 65 ans", a précisé mardi la présidente de la Haute autorité de santé (HAS), Dominique Le Guludec.

A l’inverse, les deux précédents vaccins, Moderna et Pfizer/BioNTech, sont tous les deux administrables à toute personne de plus de 18 ans sans limite d’âge, bien que la HAS recommande "la mise en place d’études complémentaires notamment sur les performances et la sécurité du vaccin chez les personnes immunodéprimées et les plus âgés (+75 ans)."

Ainsi, la HAS recommande que le vaccin d'AstraZeneca soit administré en France à "deux populations particulières": "premièrement, tous les professionnels de santé et du médico-social, quel que soit leur lieu d'exercice y compris en ville, essentiellement parce qu'on a besoin d'eux en première ligne et qu'ils sont particulièrement exposés. Deuxièmement, les personnes âgées entre 50 et 65 ans en commençant par ceux qui présentent des comorbidités.”

• Un mode d’administration plus accessible

L’administration du vaccin d'AstraZeneca se déroule comme celui de Moderna et de Pfizer/BioNTech, en deux doses distinctes. Mais le délai entre les deux injections est différent pour ce nouveau vaccin, la seconde peut être injectée entre 4 à 12 semaines après la première, tandis que les deux autres vaccins doivent être administrés après 28 jours pour Moderna et 21 jours pour Pfizer/BioNTech.

Dans la mesure où le vaccin d'AstraZeneca est "très facile à manier, très comparable à celui de la grippe dans son utilisation", la HAS recommande qu'il puisse être injecté "par les pharmaciens et les sages-femmes, en plus des infirmiers et des médecins". Une fois encore, ce n’était pas le cas des deux premiers vaccins.

Esther Paolini Journaliste BFMTV