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Vaccin AstraZeneca: la colère des médecins généralistes contre le gouvernement

Préparation d'une dose d'AstraZeneca.

Préparation d'une dose d'AstraZeneca. - Oli SCARFF © 2019 AFP

Les médecins généralistes montent au créneau. Lundi, les pharmacies assuraient disposer encore de nombreuses doses du vaccin AstraZeneca que les médecins censés les récupérer n'étaient pas venus chercher. Dans un communiqué publié ce mercredi, le syndicat de médecins généralistes MG France livre sa version des faits et refuse de passer pour le "bouc émissaire" des retards dans la vaccination.

"Quatre jours ouvrables au mieux après leur mise à disposition, les médecins généralistes volontaires ont effectué sans bruit 200.000 vaccinations anti-Covid Astra-Zeneca, malgré les retards voire les refus de livraison et sans compter les vaccinations qu'ils ont effectué dans les centres avec les vaccins Pfizer/Moderna", claironne ce mercredi un communiqué du syndicat de médecins généralistes MG France en ouverture. Le document poursuit en "félicitant" les praticiens pour cette "superbe performance".

Défense en règle

Il s'agissait en effet de défendre la cause des médecins de ville. Depuis jeudi dernier, ceux-ci peuvent en effet administrer le vaccin AstraZeneca à une partie de leur patientèle.

Pourtant lundi, on apprenait que 200.000 doses dormaient encore dans les frigos des pharmaciens, que les médecins n'étaient venus en récupérer qu'un nombre infime. "C'est donc avec une colère non contenue que ces mêmes médecins généralistes entendent que seul un quart des vaccins disponibles aurait été utilisé", reprend d'ailleurs la publication.

"MG France rappelle que c'est avec grande parcimonie que les autorités sanitaires ont accordé un flacon de dix doses au médecin, et à la condition qu'il accepte de s'inscrire une semaine avant dans une pharmacie puis qu'il aille ensuite y chercher le précieux flacon", pose le syndicat, expliquant alors: "Certains médecins n'ont pu être servis, d'autres ont vu leur commande décalée, ce qui a nécessité qu'ils annulent les rendez-vous prévus! Si trois flacons sur quatre n'ont pas été utilisés, MG France exige qu'on leur explique où sont donc ces flacons".

Un changement de stratégie qui passe mal

De surcroît, MG France s'agace du récent changement de pied du gouvernement quant au public visé. Jusqu'ici, seules les personnes âgées de 50 à 64 ans souffrant de comorbidités étaient éligibles au vaccin AstraZeneca. Mais lundi soir, suivant les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le ministre Olivier Véran a annoncé l'extension du champ d'action du vaccin AstraZeneca jusqu'à 75 ans, si la personne présente là encore des "comorbidités".

Le document déclare ainsi:

"Par ailleurs, MG France rappelle aussi que les autorités ont demandé initialement aux médecins de restreindre la cible aux 50-64 ans présentant une comorbidité, ce qui a nécessité la recherche du public visé mais également le refus de vacciner les 65-75 ans ou les patients sans co-morbidité. Quatre jours donc après le démarrage sur ces bases, les autorités décident de changer de stratégie et d'élargir cette cible, au mépris du travail de sélection effectué par les généralistes et des patients qu'ils n'ont pas vaccinés en raison de la doctrine initiale".

MG France en arrive alors à sa conclusion, accusant "les autorités sanitaires de tenter de masquer les retards observés dans cette campagne et de chercher un bouc émissaire qui serait responsable de ces retards". L'organisation déclare enfin: "Les médecins généralistes qui sont, comme chaque fois, au rendez-vous exigent la mise à disposition immédiate de toutes les doses dont ils estiment avoir besoin".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV