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Un kit olfactif de détection précoce du Covid-19 testé à Nice

(Photo d'illustration) Un test de Covid-19 effectué à Rangoun, en Birmanie, le 16 juillet 2020.

(Photo d'illustration) Un test de Covid-19 effectué à Rangoun, en Birmanie, le 16 juillet 2020. - YE AUNG THU

Des chercheurs se sont livrés à une expérience de science participative auprès des Niçois pour calibrer un futur test précoce, rapide et peu onéreux du Covid-19 par le symptôme de la perte d'odorat.

"Cannelle? Agrume? Intensité de zéro à six?" Place Massena, à Nice, une centaine de badauds ont humé jeudi des bandelettes de papiers odorisées et répondu à un court questionnaire mis au point par l'équipe associant le CHU de Nice et l'école de commerce Edhec. Le but: mettre au point un test précoce, rapide et peu onéreux du Covid-19 par le symptôme de la perte d'odorat.

60 à 80% des sujets atteints du Covid-19 perdent l'odorat

Le kit, dont la fabrication associe l'entreprise grassoise Carestia, qui développe des technologies d'imprégnation de bandelettes de papier, devrait être d'abord déployé dans les Alpes-Maritimes.

"Il y a beaucoup de gens qui perdent leur odorat sans s'en rendre compte, c'est pour ça qu'on a besoin d'un test qui soit calibré pour que les médecins puissent faire quelque chose de performant. L'idée c'est que ce soit très rapide: soit vous sentez quelque chose et ça se passe bien, soit il y a un problème d'anosmie, ça encourage à aller faire des tests biologiques plus approfondis", explique à BFMTV Jérémie Topin, maître de conférence spécialisé dans la chimie de l'olfaction à l'UCA.

"Le but est de venir en appui d'autres symptômes, la température ou le mal de tête. A la grosse différence près que la perte d'olfaction, partielle ou anosmie totale, est précoce et présente chez 60 à 80% des sujets atteints par le virus", précise le Pr Serge Antonczaak, chimiste à l'UCA.

Du vinaigre de pomme en Corée du Sud

En Corée du Sud, des soldats ont été testés à leur entrée dans les camps militaires en sentant du vinaigre de pomme.

"Le vinaigre de pomme était facile à utiliser en l'absence d'autres moyens mais il stimule aussi le sens de la douleur, et c'est donc moins discriminant" que les formules mises au point à Nice, estime Jérémie Topin.

Le projet, au-delà de la lutte contre l'épidémie de coronavirus, pourrait avoir d'autres débouchés puisque la perte d'olfaction intervient dans de nombreuses autres pathologies. Les malades d'Alzheimer par exemple n'y font pas toujours attention et ne consultent souvent que pour une casserole oubliée sur le gaz ou des clés de voiture perdues.

"Symptôme des maladies neurodégénératives"

Or, souligne le Dr Renaud David, associé aux recherches de l'institut de chimie de l'UCA, "la perte de perception des odeurs est un symptôme des maladies neurodégénératives".

Ce symptôme est même "très précoce et l'aire de l'olfaction dans le cerveau est très proche de celle de la mémoire", ajoute ce psychiatre qui conduit également des recherches sur l'utilisation de certaines fragrances pour apaiser ces personnes âgées.

AL avec AFP