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Un anticorps de lama, nouvel espoir de la communauté scientifique contre le coronavirus

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - Pablo Cozzaglio / AFP

Selon une étude scientifique parue ce mardi dans la revue spécialisée Cell, un anticorps produit par le lama pourrait permettre de bloquer une contamination par le coronavirus comme d'en atténuer la gravité.

Jaillie du règne animal, la menace du coronavirus s'éteindra-t-elle vaincue par le règne animal? C'est la possibilité qui miroite ce mardi dans la revue scientifique Cell qui publie une étude menée conjointement par des chercheurs belges, de l'université de Gand, et des spécialistes américains, principalement de l'université d'Austin, assurant qu'un anticorps produit par le lama pourrait prévenir le Covid-19 et en enrayer les premiers progrès chez un individu infecté. 

Pour comprendre la manière dont cet élément secrété par le lama lorsqu'il tombe malade serait éventuellement utile à l'être humain, il faut rappeler le fonctionnement de la contamination par le coronavirus, schématisé ici par Le Parisien: le coronavirus ne parvient à pénétrer une cellule que grâce à la protéine de spicule ou "protéine de pointe". L'enjeu est donc de bloquer cette dernière. Or, un anticorps du lama, dont Sciences et Avenir donne le petit nom, soit "VHH-72", réussit justement à entraver ces protéines de pointe dans les cultures cellulaires. 

Bien sûr, les savants n'ont pas débouché sur cette piste au hasard de cinq mois de recherches internationales sur le nouveau coronavirus. Le lama était dans leur collimateur depuis quatre ans, le contexte leur ayant seulement permis de reprendre des travaux lancés en 2016 à la sombre lumière d'épidémies précédentes et laissés en plan après l'extinction de celles-ci. Sur son site, l'université du Texas a d'ailleurs expliqué le cheminement suivi et la réflexion de ses chercheurs, qui ont parrainé la présente étude. 

Tout repose en fait sur Winter, un lama femelle aujourd'hui âgée de quatre ans et vivant, au milieu de 130 congénères, dans une ferme belge. Dès l'âge de neuf mois, la créature a été mise à contribution par la science. Elle a ainsi subi, étalées sur plusieurs semaines, des injections lui inoculant des particules de SARS-CoV-1 (l'ancien coronavirus, celui que nous connaissons aujourd'hui étant le SARS-CoV-2) et de MERS-CoV (matrice du syndrome respiratoire sévissant au Moyen-Orient depuis 2012). 

Il s'avère que les lamas produisent deux types d'anticorps, une fois confrontés à la maladie: l'un est similaire aux nôtres, le second est quatre fois plus petit. On désigne celui-ci en tant que "nanocorps" ou "anticorps à domaine unique". Les scientifiques en ont réalisé deux copies, les ont liées entre elles, combinant ainsi un nouvel anticorps. C'est celui-ci qui semble en mesure de bloquer les protéines de pointe néfastes. Ces nanocorps ont une autre vertu: ils peuvent être changés en vapeur et placés dans un inhalateur ce qui laisse espérer un meilleur ciblage au sein de l'organisme. 

Jason McLellan, professeur associé en biosciences moléculaires à l'université du Texas et l'un des auteurs principaux de l'étude parue ce mercredi dans Cell, a livré à sa faculté les objectifs visés:

"Pour qu'un vaccin soit efficace, il faut qu'il soit fait un mois ou deux avant l'infection. Avec des thérapies à base d'anticorps, on donne directement à la personne des anticorps la protégeant et donc, la personne est en principe protégée aussitôt après le traitement. Les anticorps peuvent aussi être utilisés sur une personne déjà touchée par le virus afin d'atténuer la sévérité de la maladie".

Les experts avancent vite certes, mais ils n'en sont pas encore tout à fait là cependant. Leur agenda est le suivant: les équipes doivent d'abord conduire des études précliniques sur des hamsters, des primates. C'est seulement si ces examens sont concluants que les chercheurs passeront à un essai sur l'Homme. 

Double objectif

Jason McLellan, professeur associé en biosciences moléculaires à l'université du Texas et l'un des auteurs principaux de l'étude parue ce mercredi dans Cell, a livré à sa faculté les objectifs visés:

"Pour qu'un vaccin soit efficace, il faut qu'il soit fait un mois ou deux avant l'infection. Avec des thérapies à base d'anticorps, on donne directement à la personne des anticorps la protégeant et donc, la personne est en principe protégée aussitôt après le traitement. Les anticorps peuvent aussi être utilisés sur une personne déjà touchée par le virus afin d'atténuer la sévérité de la maladie".

Les experts avancent vite certes, mais ils n'en sont pas encore tout à fait là cependant. Leur agenda est le suivant: les équipes doivent d'abord conduire des études précliniques sur des hamsters, des primates. C'est seulement si ces examens sont concluants que les chercheurs passeront à un essai sur l'Homme. 

Robin Verner