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Trop gras, trop sucrés: l'UFC-Que Choisir épingle les aliments destinés aux enfants

L’UFC-Que Choisir a calculé le Nutriscore (score nutritionnel) d’une trentaine d’aliments et de boissons destinés aux enfants. L’écrasante majorité écope d’une mauvaise notation à cause de leur teneur en sucre et en matières grasses.

C’est un argument de plus en faveur de l’extension du Nutriscore, qui classe les aliments selon leur composition nutritionnelle, de A (les plus vertueux) à E (les moins vertueux). Deux ans après son introduction en France, ce logo à 5 couleurs n’est appliqué que sur les emballages de 5000 produits, soit seulement 5% des 100.000 aliments courants disponibles en grande surface.

"Et comme c’est une démarche facultative pour les industriels, ceux qui jouent le jeu sont bien souvent ceux qui ont des aliments bien classés !", fait remarquer à BFMTV Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition à l’UFC-Que Choisir.

Forte de ce constat, l’association de consommateurs a sélectionné et calculé le score nutritionnel de 31 produits pour enfants : des céréales, des boissons, des biscuits…

"Les habitudes alimentaires sont prises dès l’enfance. Si les industriels nous refourguent que des produits hyper gras et sucrés, difficile ensuite de les déshabituer de ces saveurs et textures onctueuses. Sans compter l’impact sur la santé que peuvent provoquer ces recettes totalement déséquilibrées", estime le journaliste, alors que l'obésité ou le surpoids touchent près d’un enfant sur cinq (17%) en France.

Des petits-déjeuners très sucrés

Pour le petit-déjeuner, sur les neuf produits testés, seul un paquet de céréales Nesquik au blé complet tire son épingle du jeu, et obtient un Nutriscore B. "Il s’agit d’un produit aussi intéressant qu’une tartine de pain complet avec de la confiture", compare Olivier Andrault.

Les huit autres sont classés de C (céréales Lion et Chocapic de Nestlé ou Coco Pops de Kellogg’s), D (biscuits Prince Petit dej de Lu-Mondelez, céréales Trésor ou Frosties de Kellogg’s) à E, la plus mauvaise (biscuits BN P’tit dej). "Cette dernière catégorie correspondant à une gaufre liégeoise fourrée avec du sucre donc difficile de trouver plus calorique que ça !", ironise le spécialiste.

Des compotes bien notées pour le goûter

Au rayon goûter, les gourdes de compotes se démarquent avec la meilleure note du panel, un A. Les biscuits, comme les fameux Prince de Lu-Mondele ou le Savane de Brossard, plongent directement en catégorie D, voire E pour les Dinosaurus, les crêpes Whaou, ou les Pepito fourrés.

"Pour le D, c’est comme si vous donniez à votre enfant un beignet fourré à la pâte de chocolat. Et pour le E, une tablette de chocolat au lait", compare Olivier Andrault.

Enfin, pour les boissons, sans surprise, les mini-bouteilles d’eau Vittel (Nestlé) récoltent un Nutriscore A. Les laits aromatisés limitent la casse avec un B (Candy Up, Banania). En revanche, les six autres boissons sont classées D (Fruit Shoot fruits rouges de Teisseire et Heroic Kids framboise cassis), ou E (Carpri Sun, Oasis).

Une pétition pour un Nutriscore obligatoire

"Pour permettre aux parents d’y voir plus clair et inciter les industriels à améliorer leurs recettes, nous demandons que le Nutriscore devienne obligatoire", poursuit Olivier Andrault. L'UFC-Que Choisir appelle les consommateurs à signer une pétition en ce sens, qui a récolté plus de 80.000 soutiens pour l'instant. "L’idée est d’en avoir le maximum pour faire pression sur la commission européenne pour qu’elle agisse enfin !", conclut-il.

Margaux de Frouville