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Tabac: les Français massivement favorable à plus de restrictions

Une femme fumant une ciagrette, image d'illustration.

Une femme fumant une ciagrette, image d'illustration. - -

Selon un sondage, 95% des Français sont favorables à l'interdiction de fumer en voiture en présence d'enfants et 84% veulent une interdiction de la cigarette près des écoles.

Les Français semblent d'accord pour bannir encore plus la cigarette de la vie quotidienne, prohibant notamment le tabac dans les voitures avec enfants, selon un sondage réalisé par Ipsos pour le compte de l'association Alliance contre le tabac.

> Pour protéger les enfants de la fumée en voiture

En détail, 95% des Français jugent "très souhaitables" ou "plutôt souhaitables" que les "personnes soient protégées de la fumée de cigarette dans les voitures en présence d'enfants".

En Afrique du Sud et dans plusieurs États aux États-Unis, Canada et Australie, la cigarette est déjà interdite dans les automobiles avec enfants ou mineurs, en raison des risques accrus du tabagisme passif dans un espace confiné. Le Royaume-Uni pourrait adopter une mesure similaire après le feu vert, en février, des députés britanniques.

Les études montrent que la concentration en particules fines (d'un diamètre inférieur à 2,5 millième de millimètre, nuisibles aux poumons) est dix fois supérieure sur les sièges arrières des voitures de fumeurs par rapport aux véhicules de non fumeurs.

En France, une telle mesure (déjà discutée au Sénat en 2013) devrait être "expliquée" à la population, mais elle aurait le mérite contribuer à "débanaliser le fait de fumer", estime l'association.

> Favorables à une interdiction de la cigarette près des écoles

D'après cette même enquête, la population serait très favorable à une interdiction de la cigarette près des écoles: 84% des sondés jugent "souhaitables" une "protection" des personnes "aux abords des établissements scolaires".

Il en va de même pour les "parcs et jardins publics dédiés aux enfants" (83% "favorables"), dans les stades, sous les abribus et dans les files d'attentes à l'extérieur (82%), aux terrasses des cafés et restaurants (72%) ainsi que sur les plages (72%).

"Lorsqu'il s'agit de protéger l'entourage de la fumée du tabac dans certains lieux, l'adhésion est élevée, et d'autant plus que la présence d'enfants est impliquée", commente l'Alliance.

Le décret Bertrand interdit depuis début 2007 la cigarette dans les lieux publics fermés comme les bars ou restaurants, mais fumer reste autorisé dans les espaces publics non couverts et non fermés comme les stades ou sur les terrasses.

A l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, célébrée le 31 mai, l'association appelle à "protéger les enfants et les jeunes du tabagisme" avec une "extension" des interdictions frappant déjà la cigarette.

> Les paquets sans logo jugés efficaces

L'Alliance milite aussi pour l'instauration en France de "paquets neutres standardisés" de cigarettes, sans logo ni couleur de marques, avec un avertissement sanitaire recouvrant toute la surface, afin d'en réduire l'attractivité.

D'après le sondage, 55% de la population jugent que ce type de paquets, déjà utilisés en Australie, serait efficace pour dissuader les jeunes de commencer à fumer.

> Rendre le prix des paquets encore plus dissuasif

L'alliance préconise aussi dans le cadre du futur Plan national de réduction du tabagisme du ministère de la Santé, d'utiliser "la fiscalité" en augmentant les prix pour dissuader l'achat de tabac par les plus jeunes.

Mieux encadrer le "tabac à chauffer"

Elle demande aussi un meilleur encadrement du "tabac à chauffer", nouveau produit ressemblant à une cigarette électronique mais avec des cartouches de vrai tabac, que l'appareil chauffe et non brûle comme dans une cigarette classique.

Cette formule, comme la cigarette "Ploom" du fabriquant Japan Tobacco International (marques Camel et Winston), représente simplement une tentative pour l'industrie du tabac "d'enrayer la fuite des fumeurs traditionnels des bureaux de tabac vers la cigarette électronique et ses boutiques conseils", selon l'Alliance.

Les effets sur la santé du tabac à chauffer ne sont pas encore déterminés "en l'absence d'études scientifiques indépendantes détaillées disponibles sur les émissions et sur la toxicité de cette nouvelle forme d'utilisation du tabac", juge l'association.

Elle réclame la même sévérité pour le tabac à chauffer que pour la cigarette traditionnelle, d'autant que ce produit "entretient la dépendance".

Pour le pneumologue et militant anti-tabac Bertrand Dautzenberg, il est "certain" que "la cigarette Ploom provoque des cancers".

V.R. avec AFP