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Site nucléaire d'Albion: d'anciens militaires atteints de cancers

Des soldats défilent lors d'une cérémonie marquant la fin de la posture d'alerte nucléaire sur le plateau d'Albion, en 1996.

Des soldats défilent lors d'une cérémonie marquant la fin de la posture d'alerte nucléaire sur le plateau d'Albion, en 1996. - -

Selon une enquête du "Parisien", des dizaines de vétérans du site nucléaire du plateau d'Albion souffrent de cancer. L'armée décline toute responsabilité.

De quel mal mystérieux sont atteints les anciens militaires du plateau d'Albion? Selon Le Parisien, ils sont des dizaines à souffrir de formes rares de cancer, après avoir travaillé sur cet ancien site stratégique de la défense française. Aux confins de la Drôme, du Vaucluse et des Alpes de Haute Provence, le plateau d'Albion a servi à entreposer des missiles nucléaires français, entre 1971 et 1996.

Aujourd'hui, deux vétérans malades ont engagé des procédures en justice contre l'armée. Parmi eux, Leny Paris, ancien commando de l'air qui a passé un an à veiller sur les têtes nucléaires. Il se bat depuis 2003 pour faire reconnaître la nécrose des os dont il est atteint, conséquence selon lui d'une irradiation sur le plateau. "Je me suis fracturé spontanément, ça a stupéfié mon médecin", raconte-t-il. "Il m'a demandé de faire des radios plus poussées. Elles ont révélé un squelette complètement détérioré".

Des radioéléments "d'origine naturelle"?

Malgré les traces de radioactivité relevées sur place, l'armée se défend de toute responsabilité et exclut toute "dose significative de radioactivité pouvant avoir un impact sur la santé". Les radioéléments trouvés pourraient, selon le ministère de la Défense, être "'d'origine naturelle", ou "des retombées des essais nucléaires de 1950 et de la catastrophe de Tchernobyl".

Leny Paris, lui, devrait recevoir dans les prochains jours les relevés de l'armée sur son exposition. Si l'irradiation est établie, il devrait pouvoir obtenir réparation, ainsi que ses anciens camarades.

Vidéo: Annabelle Vilmont, Maxime Morin

A. K.