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Pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, "on est sur des projections de 8000 cas par jour" au 15 décembre

Test de dépistage du coronavirus le 19 novembre 2020 à Saint-Gilles, dans le Gard

Test de dépistage du coronavirus le 19 novembre 2020 à Saint-Gilles, dans le Gard - Pascal GUYOT © 2019 AFP

Si les tendances restent à la baisse en France, la chute des indicateurs sur la propagation du Covid-19 est "freinée" actuellement, explique le scientifique.

La descente de la courbe "freinée". Au 15 décembre, la France devrait passer du confinement au couvre-feu, mais seulement si les contaminations passent sous la barre des 5000 cas par jour. Un objectif qui pourrait ne pas être atteint, selon les projections actuelles.

"La descente qui s'annonçait très claire - on arrivait très clairement avant le 15 décembre à 5000 cas par jour - est freinée aujourd'hui", explique ce mardi sur BFMTV Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève. "Pour le moment ça ne repart pas, la descente de la courbe est un peu freinée, elle est un peu freinée partout en Europe".

"Depuis quelques jours, le niveau de contaminations quotidiennes ne baisse plus", expliquait déjà lundi soir Jérôme Salomon, le Directeur Général de la Santé. "Nous sommes encore loin de l'objectif de passer sous la barre des 5000 cas par jour".

"Une continuation de tendance à la baisse"

"Ce n'est pas dramatique", note Antoine Flahault, mais "on est plutôt aujourd'hui autour de projections de 8000 cas par jour le 15 décembre, avec une continuation de tendance à la baisse. Ce serait bien pour les fêtes de noël".

Selon lui, ce frein dans la diminution du nombre de cas pourrait être lié à un possible relâchement de la part des Français, "mais aussi sans doute à une offensive de l'hiver. Il faut savoir que ces virus respiratoires se propagent beaucoup plus quand on ferme toutes les fenêtres, quand on ferme les portes, quand on est beaucoup plus à l'intérieur, peut-être aussi à cause de la température et de l'humiditié", ajoute Antoine Flahault.

Pour Jérôme Salomon, "on n'est pas du tout devant un relâchement", mais "devant une vague puissante qui profite des conditions qui sévissent actuellement en Europe. Tous nos voisins sont dans la même situation", a-t-il noté.

"Descendre, arriver à marée basse et reprendre le contrôle"

Interrogé sur le trop grand optimisme des objectifs donnés par le gouvernement français, Antoine Flahault déclare qu'il les trouve "nécessaires". "Ce qu'il faut c'est descendre, arriver à marée basse, et reprendre le contrôle de cette épidémie à ce moment-là", explique-t-il.

En parallèle, il appelle à ce que la politique de tests et de recherche de cas contacts "évolue". Elle "doit être beaucoup plus performante qu'elle ne l'est aujourd'hui", note-t-il. "Il faut décider de dépister massivement la population", a préconisé aussi sur BFMTV l'épidémiologiste Catherine Hill, lundi soir.

"Il faut absolument qu'on continue d'avoir le minimum d'interaction sociale, tous les gestes barrières, mais je crois que les gens l'ont bien compris", rappelle également Antoine Flahault.
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV