BFMTV

Pollution: les hôpitaux confrontés à une hausse des consultations

L'AP-HP a constaté une augmentation des consultations pour asthme aux urgences pédiatriques lors de ce pic de pollution. Si ce chiffre est à prendre avec prudence, l'accumulation des particules fines dans l'air a bien un effet sur la santé des plus fragiles.

Depuis cinq jours et le début du pic de pollution en région parisienne, l'assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) a constaté une augmentation de 35% des consultations aux urgences pédiatriques. Ce jeudi la circulation alternée se poursuit en région parisienne et est mise en place à Lyon et Villeurbanne. Avec ces mesures, les autorités espèrent une baisse de 6% des taux de particules fines dans l'air.

Les particules fines associées à l'asthme

Entre le 30 novembre et le 7 décembre, 2.045 patients ont été reçus pour des pathologies respiratoires, contre 1.151 l'an passé sur la même période, soit une augmentation de 35%. Cette observation est à prendre "avec prudence", précise l'AP-HP dans un communiqué. Ces chiffres ont été publiés dans le cadre de "l'étude Pollux" qui analyse depuis plusieurs années les données des urgences pédiatriques.

"Sur les près de 1,3 million de patients (âgés de 0 à 18 ans) recensés sur cette période, plus de 47.000 se sont vus poser l'asthme comme diagnostic principal", explique l'étude.

En croisant les données des urgences en fonction de quatre variables environnementales (pollution, pollen dans l'air, virus respiratoires, conditions météorologiques), l'équipe a conclu "que les particules ultra-fines PM2.5 étaient associées, de manière indépendante aux autres variables, aux passages pour asthme aux urgences".

Toux et sifflement dans la gorge

Chez les patients les plus fragiles du pneumologue Patrick Ruffin, les effets de la pollution commencent à se faire sentir. "La pollution atmosphérique entraîne des inflammations au niveau de toutes les muqueuses, ça aggrave l’état respiratoire de certains patients", constate-t-il.

Ce pic de pollution qui dure depuis cinq jours peut désormais affecter tout le monde. Le professeur Alexandre Duguet, pneumologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, décrit les effets que peuvent avoir la pollution sur certaines personnes. Une toux et un "bruit assez caractéristique de sifflement quand on souffle fort" peuvent se manifester. 

"7 paquets de cigarettes" en une semaine

Jeudi, la mairie de Paris a lancé une offensive par la communication. Des affiches, évoquant les effets de la pollution sur la santé ont été diffusées sur les réseaux sociaux.

"Sarujan a arrêté de fumer il y a 2 ans. Et pourtant cette semaine, il a respiré l'équivalent de 7 paquets de cigarettes", annonce l'une des affiches. 

D'après l'agence Santé publique France, plus de 48.000 décès par an pourraient être attribués aux particules fines. En suspension dans l'air, générées par les effluents de la combustion du bois, des carburants et des vapeurs industrielles, elles pénètrent dans les voies respiratoires et le sang et peuvent provoquer des cancers, de l'asthme, des allergies ou des maladies cardio-vasculaires. 
M.L.