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Pilules contraceptives: une nouvelle plainte déposée après le classement de l'enquête

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Philippe Huguen-AFP

L'enquête sur les pilules contraceptives de 3e et 4e génération, accusées de favoriser de graves pathologies veineuses, a été classée. Mais une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée ce mardi.

Le parquet de Paris a classé l'enquête ouverte fin 2012 sur certaines pilules contraceptives accusées de favoriser de graves pathologies veineuses et artérielles. Mais une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée ce mardi, assure l'avocat de plusieurs victimes à BFMTV.com. Une procédure qui permet de saisir directement un juge d'instruction et d'ouvrir une nouvelle enquête.

L'enquête n'a pas permis de "caractériser" une infraction 

Au terme de "nombreuses investigations" menées durant quatre ans et demi, l'enquête préliminaire n'a donc pas permis de "caractériser" une infraction pénale, a conclu le parquet dans sa décision datée du 16 juin, selon une source proche du dossier à l'AFP.

L'affaire était née fin 2012 de la plainte d'une jeune femme, Marion Larat, devenue lourdement handicapée après un AVC qu'elle impute à la prise d'une pilule de 3e génération, Meliane, produite par le groupe allemand Bayer. 

29 marques de pilules visées

Son combat, médiatisé à l'époque, avait abouti au dépôt de 130 autres plaintes toutes centralisées au pôle de santé publique dans le cadre d'une enquête préliminaire notamment pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne". Elles visaient 29 marques de pilules de 3e et 4e générations, huit laboratoires et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Pour le parquet, "l'enquête ne permet pas d'établir avec certitude l'existence d'un lien de causalité entre la prise du contraceptif et les pathologies présentées par les plaignantes", a expliqué la source proche du dossier. Une conclusion qui a provoqué l'incompréhension chez les plaignantes défendues par Jean-Christophe Coubris.

"C'est un sentiment de déception pour les victimes, indique l'avocat à BFMTV.com. D'autant que depuis que nous avons mis à mal les ventes des pilules de 3e et 4e génération, nous avons épargné 341 victimes d'embolies pulmonaires. C'est l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) elle-même qui l'a reconnu dans une étude. Je m'interroge quant à ces conclusions lapidaires alors que j'ai 20 rapports d'experts qui mettent en évidence le lien d'imputabilité de ces pilules."

Plainte avec constitution de partie civile

Trois de ses clientes les plus représentatives ont donc déposé une plainte avec constitution de partie civile visant des laboratoires et l'ANSM. "Il y a une victime d'une pilule de 3e génération, une autre de 4e génération et une victime de Diane, indique Jean-Christophe Coubris, qui assure avoir récolté 350 témoignages. J'espère que cette fois, le lien de causalité que l'enquête préliminaire n'a pas retenu sera reconnu."

La plainte de Marion Larat, la première en France à l'époque contre une pilule contraceptive, avait conduit l'agence du médicament à renouveler ses recommandations sur ces pilules qui ne doivent être prescrites qu'en second recours. En cause: des risques plus importants de voir développer des embolies pulmonaires, des accidents vasculaires cérébraux et des thromboses veineuses (phlébites).

Augmentation du risque d'infarctus et d'AVC

La Haute Autorité de santé, qui avait rappelé que tous les contraceptifs oraux estroprogestatifs entraînaient "une augmentation du risque d'événement thromboembolique veineux, d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral", avait recommandé de préférer les pilules de 1ère et 2e générations.

Depuis 2012, les parts de marché des pilules contraceptives de 1ère et 2e générations par rapport à celles de 3e et 4e générations -qui ne sont plus remboursées depuis 2013- sont en effet en constante augmentation.

"C'est un combat légitime"

Avec le dépôt de cette plainte, Jean-Christophe Coubris espère que le juge d'instruction arrivera à d'autres conclusions et qu'il "mettra en évidence l'inutilité des pilules de 3e et 4e générations".

"Non seulement elles ne sont pas plus efficaces, mais elles sont deux à trois fois plus dangereuses que les autres."

Il reconnaît néanmoins que son combat sera encore long. "Mais quel que soit le nombre d'années, c'est un combat légitime parce qu'il a du sens en évitant des pathologies gravissimes à des jeunes femmes."

Céline Hussonnois-Alaya avec AFP