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Pesticides dans les fruits: attention au cocktail de résidus

Certains fruits contiennent des résidus de plusieurs pesticides.

Certains fruits contiennent des résidus de plusieurs pesticides. - iStock - nata_zhekova

L'association UFC-Que Choisir a demandé à un laboratoire d'analyser des résidus de plusieurs types de pesticides sur des échantillons de fruits. Résultat: sauf en agriculture "bio", de nombreux fruits cumulent des molécules nocives et les laver ou les éplucher ne permet pas de limiter totalement l'exposition.

C'est un thème qui revient souvent quand il s'agit d'alimentation: à quel point s'expose-t-on aux pesticides présents sur les fruits quand ces derniers passent des champs à nos assiettes? L'association UFC-Que Choisir vient de publier une nouvelle enquête dont la conclusion montre que le risque est bien présent.

Cette dernière a confié à un laboratoire la recherche de résidus de plus de 500 pesticides sur 150 échantillons de pommes, poires, fraises et raisins, issus de l’agriculture conventionnelle ou biologique. Les analyses révèlent que de nombreux fruits cumulent plusieurs traces de ces produits chimiques. Plus précisément, le bilan a établi que 80% des fruits renfermaient au moins un résidu tandis que ceux qui n'en ont aucun sont pratiquement tous issus de l'agriculture biologique.

En moyenne sur un échantillon, et selon le type de fruit, 5 à 7 molécules sont retrouvées. Le raisin est le fruit qui en contient le plus (15 en moyenne), suivi des fraises (14), poires (12) et pommes (11). En tout, 85 substances différentes ont été retrouvées. Et même si ces doses sont minimales, il s'agit de "cocktails aux effets potentiellement nocifs pour notre santé", estime UFC-Que Choisir.

Les raisins contiennent le plus de molécules

Pour savoir si laver les fruits et éplucher ceux pour qui l'opération est possible suffisait à éliminer les traces de pesticides, l'association a procédé à un test sur huit lots de pommes, chacun divisé en trois groupes. Le premier a été analysé à l’état brut, le deuxième après avoir été lavé (frotter les pommes sous l'eau pendant environ 10 secondes) et le troisième après avoir été épluché.

Les résultats sont décevants. Sur les échantillons bruts "9 molécules en moyenne sont détectées, sur les échantillons lavés le chiffre ne tombe qu’à 8 molécules et les pommes épluchées contiennent en moyenne 6 molécules". Pourquoi ces méthodes ne sont-elles pas efficaces? Selon l'association, deux obstacles majeurs s’opposent à l’élimination des pesticides.

Le premier est l'utilisation de produits dits "systémiques". "Appliqués notamment en enrobage des semences ou dans le sol et conçus pour pénétrer à l’intérieur de la plante, ils restent ensuite dans le fruit". En clair, ce type de produit est absorbé par la plante ou le fruit pour s'attaquer aux parasites de l'intérieur et y demeure. Quant aux pesticides de "contact", c'est-à-dire présents sur l'extérieur du fruit, certains sont difficilement solubles dans l’eau.

Un mélange avec d'autres polluants

En juin dernier, une ONG américaine du nom d'Environnemental Working Group avait dressé sa liste annuelle des fruits et légumes les plus et les moins pollués. Outre la présence d'un total de 146 pesticides sur des milliers d'échantillons de fruits et de légumes examinés, ses tests ont révélé que les fraises, pommes, nectarines, pêches, céleris, raisins, cerises, épinards, tomates, poivrons doux, tomates cerises, et concombres affichaient les teneurs les plus élevées.

A l'inverse, les avocats, maïs sucré, ananas, choux, petits pois surgelés, oignons, asperges, mangues, papayes, kiwis, aubergines, melon miel, pamplemousse, melon cantaloup et chou-fleur étaient les aliments les moins exposés à ces molécules. Or, selon l'Association Santé Environnement France, les pesticides ont la particularité d’avoir des effets immédiats (tremblements, maux de tête) et différés (troubles d'orientation, maux de tête permanents) sur notre santé.

Même s'ils ne sont présents qu’en très petites quantités dans nos aliments, ils ne sont pas les seuls polluants rencontrés au quotidien puisque la pollution, les cosmétiques et les produits ménagers soumettent les consommateurs à un mélange de substances chimiques "dont l’effet que l’on nomme 'effet cocktail' est difficile à évaluer", conclut l'association.

Alexandra Bresson