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Patient sorti d'un état végétatif après 15 ans: l'un de ses médecins témoigne

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - iStock - Nikada

Grâce à une technique de stimulation nerveuse, un homme de 35 ans est passé d'un état végétatif à un état de conscience minimale, a révélé une étude publiée lundi. Une "victoire scientifique" pour l'un des neurochirurgiens qui ont opéré ce patient victime d'un accident de la route il y a quinze ans.

Les résultats de l'étude ont fait le tour de la presse lundi et mardi. Grâce à une stimulation électrique sur le nerf vague, qui relie le cerveau aux autres organes, l'état de conscience d'un patient victime d'un accident de la route il y a quinze ans a été amélioré. Il est passé d'un état végétatif, c'est-à-dire en éveil mais à un niveau quasi nul de conscience, dans l'impossibilité d'interagir avec l'extérieur, à un état de conscience minimale, en éveil et avec quelques capacités d'interaction.

Les travaux ont été menés par une équipe lyonnaise qui associe l'Institut des sciences cognitives Marc-Jeannerod (CNRS) et les Hospices civils de la ville, et publiés dans la revue scientifique Current Biology.

Une opération utilisée contre l'épilepsie

Dans Le Parisien ce mercredi, l'un des neurochirurgiens ayant opéré le patient revient sur cette avancée.

"Il a retrouvé des signes de communication minimale, comme sourire dans une situation agréable", raconte le professeur Marc Guénot, qui précise qu'une telle intervention en soi n'a rien de nouveau, mais qu'elle est habituellement pratiquée sur des personnes souffrant d'épilepsie.

Le neurochirurgien, avec un collègue, a posé l'électrode ayant permis de stimuler le nerf du patient. L'opération a ensuite mis quelques mois à montrer ses effets.

"Il pouvait sourire en entendant la voix de quelqu'un qu'il aimait, tourner la tête à gauche ou à droite en fonction de l'ordre donné. On a alors conclu qu'il avait une meilleure capacité à interagir", développe Marc Guénot.

Le patient est décédé depuis

Les résultats de l'étude ont soulevé des réflexions éthiques, et le médecin reconnaît que la situation a pu être ambivalente pour la famille du patient, même si elle avait donné son accord à l'opération. 

"Je ne sais pas si cela a fait du bien à la famille, cette situation peut alourdir leur peine. Dans tous les cas, c'est une victoire scientifique. On a montré qu'il était possible de remettre en marche des circuits neuronaux. C'est fort", souligne le neurochirurgien. 

Le praticien précise par ailleurs, ce que ne faisait pas l'étude publiée en anglais, que le patient est depuis décédé "d'une complication pulmonaire". "Cela n'a strictement aucun lien avec la stimulation électrique", ajoute-t-il. Mais cela révèle en tout cas les limites d'une telle opération, en rappelant les conséquences inévitables liées à un état végétatif.

Charlie Vandekerkhove