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Patchs de nicotine: il ne faut pas changer de marque à la légère

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Suite à un signalement de pharmacovigilance, l’Agence nationale de sécurité du médicament souhaite rappeler que les personnes qui utilisent des patchs de nicotine ne doivent pas changer de marque si elles ont trouvé un équilibre, ou seulement sous les conseils d'un médecin ou pharmacien. La substitution de ce dispositif par un autre peut en effet provoquer d'importants effets indésirables.

Pour les personnes souhaitant arrêter de fumer, il est important de choisir le traitement de sevrage adapté si le besoin d'aide se fait ressentir. Le site Tabac Info Services précise que trois méthodes sont reconnues comme efficaces, à savoir les traitements substitutifs nicotiniques, les thérapies comportementales et cognitives, et les traitements qui agissent sur le système nerveux central (bupropion LP et varénicline).

Les premiers ont pour but de fournir au corps l’équivalent de la nicotine contenue dans les cigarettes, comblant ainsi les besoins, et sont disponibles sous différentes formes: patchs, gommes à mâcher, comprimés à sucer, pastilles à sucer, comprimés sublinguaux et inhaleurs. Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le traitement de substitution nicotinique dure en moyenne entre 3 mois et 6 mois pour les personnes les plus dépendantes.

Peu importe cette période, une précaution s'applique comme cette dernière vient de le rappeler dans un point d'information: les patchs de nicotine ne peuvent se substituer l’un à l’autre. C'est en effet un signalement de pharmacovigilance qui l'a conduite à publier cette note à destination des professionnels de santé et des patients. Actuellement, quatre spécialités de patchs de nicotine sont commercialisées en France, Niquitin, Nicotinell, Nicopatch et Nicoretteskin, et ces dernières ne délivrent pas la même quantité de nicotine.

La bioéquivalence entre les patchs n'est pas la même

Ainsi, les marques Niquitin, Nicotinell et Nicopatch peuvent délivrer des doses de nicotine de 7 mg, 14 mg ou 21 mg, sur une durée de 24 heures quand Nicoretteskin délivre des doses de 10 mg, 15 mg ou 25 mg, sur 16 heures. "La biodisponibilité de ces patchs, c’est-à-dire la vitesse et la fraction absorbée du principe actif pour produire son action thérapeutique, n’a pas été comparée entre les différentes spécialités, à l’exception de Nicotinell et son générique (Nicopatch)", indique l'ANSM.

C'est pourquoi pour un même dosage, deux patchs de marque différente peuvent libérer le principe actif plus ou moins rapidement au cours de la période indiquée: la bioéquivalence entre les patchs ne peut donc être garantie. Ce phénomène n'est pas sans risque car le fait de substituer un dispositif transdermique de nicotine par un autre peut entraîner des symptômes de manque telles qu’une irritabilité, de l’anxiété, des perturbations du sommeil, ou de surdosage, comme des nausées, maux de tête ou palpitations.

Outre cette recommandation, l'ANSM rappelle que "l'efficacité du sevrage tabagique est généralement améliorée s’il est accompagné d’un suivi et de conseils délivrés par un professionnel de santé." Il est ainsi recommandé de demander conseil à un pharmacien ou à un généraliste pour savoir quel type de patch est le plus adapté par rapport à sa consommation de tabac. D'autres critères doivent également être pris en compte, comme l'heure de la première cigarette, la qualité du sommeil ou encore la tolérance de la peau au patch.

A noter qu'il est possible d'utiliser plusieurs formes de substitut nicotinique (patch et gommes, patch et inhaleur) quand cela s'avère nécessaire. "L’efficacité du traitement est renforcée, car la substitution s’adapte mieux au rythme du fumeur. Elle doit se faire sous contrôle médical pour bien ajuster le dosage", précise Tabac Info Services. En cas d'intolérances cutanées à l'endroit où le timbre est posé, on peut demander un patch différent et si les réactions persistent, les gommes ou de comprimés sont préférables.

Alexandra Bresson