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"On a les armes en main": à l'hôpital, le nombre de patients est stable mais les soignants craignent un rebond

Pour l'heure, les soignants interrogés par BFMTV ne constatent pas une hausse de la pression hospitalière à cause du variant Delta. Mais tous redoutent "un rebond épidémique hospitalier" à la fin des vacances scolaires.

Le calme avant la tempête? Depuis samedi, le variant Delta est devenu majoritaire dans le pays avec 51,7% des contaminations criblées, contre 30% en début de semaine dernière. Les soignants ne constatent pas, pour l'heure, de hausse des hospitalisations. Mais tous redoutent un nouvel afflux de patients à la rentrée.

7137 hospitalisations en lien avec le Covid-19

Actuellement, "il n'y a pas de modification de la courbe des hospitalisations, ni en réanimation ni aux urgences", constate à l'antenne de BFMTV Jean-Michel Constantin, chef du service anesthésie et réanimation à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpétrière.

"Pour le moment, il y a bien une augmentation des contaminations, mais nous savons qu'il va y avoir un décalage d'environ trois semaines sur l'arrivée de patients [à l'hôpital]", souligne son confrère Bruno Megarbane, chef du service de réanimation à l'hôpital (AP-HP) Lariboisière à Paris à notre antenne.

Au total, 7137 personnes sont actuellement hospitalisées en lien avec une contamination du Covid-19, selon des chiffres publiés ce jour par Santé publique France. La France reste donc bien loin du pic de la troisième vague, en avril, où plus de 30.000 patients étaient hospitalisés.

"Quand le virus circule à un niveau relativement bas, on l'avait vu l'été passé, il n'y a pas de contamination à charge virale importante, donc généralement il y a peu de patients qui arrivent à l'hôpital", poursuit Bruno Megarbane.

"Pour la première fois, on a les armes en main"

Mais les deux médecins craignent une hausse des hospitalisations dès la fin des vacances scolaires: "là où l'on craint un rebond épidémique hospitalier, c'est en septembre, octobre, où la circulation du virus sera bien plus élevée", s'inquiète le chef du service de réanimation à l'hôpital (AP-HP) Lariboisière à Paris. "On arrivera probablement à plus de 100.000 cas [de contaminations] à la fin du mois d'août, si l’on ne fait rien", présage au micro d'Europe 1, le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, Rémi Salomon.

"C'est navrant de se dire qu'on est en train de parler d'une quatrième vague alors que pour la première fois on a les armes en main, il suffit de se vacciner massivement, soupire Jean-Michel Constantin. On est en train de laisser filer les contaminations et ça me semble regrettable et dangereux."

Le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital parisien Bichat, Yazdan Yazdanpanah, d'astreinte ce week-end a pointé au micro de Franceinfo ce lundi que "plus des deux tiers" des nouveaux malades admis dans son hôpital admis samedi et dimanche n'était "pas vaccinés".

"Il va se passer la même chose que l'été dernier, c'est-à-dire que les jeunes vont contaminer les moins jeunes, et, parce que tout le monde n'est pas vacciné, vous allez avoir une augmentation de la pression sanitaire, une augmentation des cas graves et des hospitalisations", redoutait aussi Olivier Véran, invité de la Radio J dimanche.
Esther Paolini Journaliste BFMTV