BFMTV

Numéro unique, consultations par des pharmaciens: les pistes pour désengorger les urgences

Thomas Mesnier

Thomas Mesnier - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Ce mardi, le député LREM de la Charente, Thomas Mesnier, a présenté les axes de son rapport visant à désengorger les urgences.

Le député LREM élu dans la Charente Thomas Mesnier vient de remettre son rapport visant à désengorger les urgences. L'intervention du parlementaire, qui donnait ce mardi après-midi une conférence détaillant les axes de son document, s'inscrit dans une actualité encore bouleversée par les révélations autour de la mort de Naomi Musenga, dont l'appel au SAMU a été traité avec négligence. 

Les soins non programmés au centre du rapport 

Cette tragédie n'est toutefois pas au centre de la démarche du député. C'est le 13 octobre dernier que le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lui ont confié la charge de la rédaction du rapport. Par ailleurs, le rapport cherche avant tout à renforcer la prise en charge des soins non programmés, c'est-à-dire des maux ressentis comme très sérieux par les souffrants et nécessitant une réponse médicale dans un délai bref mais ne relevant pas forcément des services d'urgences à proprement parler. 

Le texte s'est nourri d'une enquête qui s'est étalé du 10 janvier au 20 avril 2018. Il illustre le trop-plein auquel sont soumis les urgences par quelques réalités chiffrées en préambule: en 1990, on comptait sept millions de passages annuels dans ces services. De nos jours, on en compte vingt millions avec seulement 20% de cas qui sont suivis d'hospitalisation. Le rapport pointe donc la nécessité de mieux penser le traitement des soins non programmés pour alléger le poids pesant sur les épaules des médecins urgentistes. 

Vers un numéro unique? 

Les pistes envisagées pour sortir de ces difficultés sont au nombre de dix-neuf. Parmi les plus notables, on trouve l'idée de convenir de demi-journées consacrées aux soins non programmés dans les clauses des contrats établis entre les médecins, la population et le territoire, via les Agences régionales de santé (ARS). Le renforcement du financement à destination des équipes de santé dévolues à ces soins non programmés est également évoqué. 

Mais l'axe central du texte est de développer à terme une régulation médicale téléphonique, en permanence, avec un numéro unique sur lequel seront aussi délivrés les premiers conseils médicaux. Thomas Mesnier a, lors de sa prise de parole devant les journalistes, abordé la mort de Naomi Musenga à ce propos, déclarant qu'un tel numéro unique aurait peut-être permis de mieux prendre en compte la demande de la malade et que l'ajout de nouveaux moyens visait entre autres à éviter que le Samu soit débordé. Il a toutefois assuré que la mort de Naomi Musenga était due selon lui avant tout à une erreur humaine. 

Le rapport préconise également d'enrichir en informations le portail Santé.fr. Enfin, certaines propositions sont davantage adressées aux personnels soignants: on parle ainsi d'encourager les visites à domicile et les consultations et premiers actes médicaux réalisés par des pharmaciens ou encore des kinésithérapeutes. 

Robin Verner