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Mal de dos: la douleur influe sur le mental

Le mal de dos est surnommé le "mal du siècle".

Le mal de dos est surnommé le "mal du siècle". - iStock - PeopleImages

Une étude internationale portant sur des milliers de patients montre que les personnes qui ont fréquemment mal au dos sont deux fois plus susceptibles de souffrir de troubles mentaux, d'où l'importance de prendre en charge cette douleur le plus tôt possible.

"Dorsalgie", "lombalgie", "lumbago", "tour de reins", les douleurs au dos sont un mal fréquent qui peut s'avérer "chronique" quand il dure depuis plus de trois mois. Le plus souvent, son origine est mécanique, mais le mal dos peut aussi être dû à un traumatisme (fracture), une maladie inflammatoire, une tumeur ou une infection localisée.

Selon la Société Française de Rhumatologie, "on estime que seulement 2 personnes sur 10 passeront leur existence sans douleur de la colonne vertébrale. C'est la 3ème cause de handicap chronique". Outre le handicap physique avec lequel les patients vivent au quotidien, des chercheurs de l'Université Anglia Ruskin ont voulu savoir si ce type de douleurs chroniques pouvait aussi avoir des répercussions sur leur santé mentale.

Leur étude menée sur 200 000 personnes révèle qu'un tiers des participants faisait état de douleurs lombaires, dont 6,9% de façon chronique. Et ces derniers seraient beaucoup plus susceptibles de souffrir d'une grande variété de troubles comme la dépression, l'anxiété, le stress, la privation de sommeil et la psychose.

Trois fois plus de risques de souffrir d'une dépression

Plus précisément, les personnes qui se plaignent d'avoir mal de dos sont deux fois plus susceptibles de présenter l'un de ces cinq problèmes de santé, par rapport aux personnes qui ne connaissent pas ce type de douleurs. L'enquête, la plus importante sur le sujet à ce jour, montre aussi que les personnes atteintes de maux de dos chroniques étaient environ trois fois plus susceptibles de subir un épisode dépressif, et 2,6 fois plus susceptibles de faire l'expérience d'une psychose.

Les résultats étaient globalement similaires dans les 43 pays dans lesquels l'étude a eu lieu. "Nos données montrent bien que les douleurs au dos et les maux de dos chroniques sont associés à une probabilité accrue de dépression, de psychose, d'anxiété, de stress et de troubles du sommeil", explique Brendon Stubbs, l'un des auteurs de l'étude. Si les raisons exactes de cette association demeurent inconnues, leurs travaux affirment que celle-ci peut rendre la récupération d'une douleur dorsale plus difficile.

L'importance du médecin traitant

"De nouvelles recherches sont nécessaires pour en savoir plus sur les liens entre ces problèmes, et pour garantir que des traitements efficaces soient développés. Il est également important que les professionnels de santé soient sensibilisés à ce lien pour diriger les patients vers d'autres services si nécessaire", estiment les chercheurs.

Des conclusions qui vont dans le sens d'un document de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) sur le sujet à destination des médecins, qui recommande d'oser en parler spontanément à leurs patients. Car "si certains d'entre eux viennent consulter parce qu’ils ont mal au dos. D’autres hésitent à aborder ce sujet parce qu’ils pensent que c’est le mal du siècle ou qu'il n’y a rien à faire", précise l'Inpes.

L'Assurance maladie recommande quant à elle d'éviter l'inactivité, car le repos au lit en cas de lombalgie chronique est déconseillé au profit de l'exercice physique modéré, de vérifier sa literie et d'avoir recours à l'automédication, à condition de vérifier sur la notice toutes les contre-indications. Une consultation médicale s'impose si les douleurs persistent malgré les médicaments, si celles-ci descendent dans une jambe ou dans les deux, si les épisodes douloureux reviennent souvent et en cas de fatigue inhabituelle.

Alexandra Bresson