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Les types d'alcool suscitent des réponses émotionnelles différentes

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Des chercheurs affirment qu'à chaque type d'alcool est associée une humeur particulière, qu'elle soit négative ou positive. Si le vin aide à se sentir plus détendu et les spiritueux permettent de se sentir plus sensuel, les boissons alcoolisées provoquent des émotions différentes selon le sexe et le niveau de dépendance.

Bière, whisky, vodka, rhum, pastis, champagne, vin... toutes ces boissons contiennent la même molécule, appelée éthanol ou alcool pur. Et pourtant, elles provoqueraient des effets psychologiques bien différents, selon des chercheurs du Public Health Wales NHS Trust. En effet, pourquoi certaines personnes deviennent-elles joyeuses, tristes ou agressives après quelques verres? Une étude parue dans le British Medical Journal affirme que ces effets "émotionnels" varieraient selon le type d'alcool consommé.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs se sont appuyés sur des réponses à la plus grande enquête mondiale sur la consommation légale et illicite de drogues et d'alcool chez les adultes (Global Drug Survey). L'enquête rassemble les réponses de près de 30.000 personnes de 18 à 34 ans issues de 21 pays, qui ont bu chacun des types d'alcool évoqués au cours de l'année écoulée, et ont rempli toutes les sections du questionnaire, dont le lien entre la consommation d'alcool et les sentiments associés.

Les participants devaient répondre en fonction de l'alcool cité: bière, spiritueux (vodka, rhum, pastis, cognac, whisky, calvados...), vin rouge ou blanc. Les émotions citées étaient aussi bien positives (énergique, détendu, sexy, confiant) que négatives (fatigué, agressif, malade, agité, déprimé). Leurs réponses ont montré que les participants attribuaient bien ces différentes émotions à ces différents types d'alcool.

Les spiritueux, des avantages comme des inconvénients

Ainsi, les alcools de la famille des "spiritueux" sont les moins susceptibles d'être associés au fait de se sentir détendu (20%) tandis que le vin rouge est le plus cité pour susciter ce sentiment (53%), suivi de la bière (50%). Les adeptes des spiritueux sont également plus susceptibles de ressentir des sentiments négatifs, par rapport aux consommateurs d'autres types d'alcool: près d'un tiers (30%) ont associé ces boissons à un sentiment d'agressivité, comparativement à environ 2,5% des buveurs de vin rouge.

Mais paradoxalement, ces dernières favorisent plus de sentiments positifs que la bière ou le vin puisqu'elles sont davantage associées à un sentiment d'excitation, de confiance et de se sentir "sexy". Les réponses diffèrent selon le niveau de scolarité, le pays d'origine et l'âge et les plus jeunes (les 18-24 ans) sont les plus susceptibles d'associer tout type d'alcool à des sentiments de confiance, d'énergie et de sensualité lorsqu'ils boivent en dehors de chez eux.

Les réponses diffèrent également selon le sexe et le niveau de dépendance à l'alcool. Les femmes sont significativement plus susceptibles que les hommes d'associer chaque sentiment, à l'exception de l'agressivité, à tous les types d'alcool. Les hommes sont quant à eux plus susceptibles d'associer ce sentiment avec tous les types d'alcool, notamment ceux classés comme des "buveurs lourds".

Compter sur l'alcool pour générer des émotions

Les gros buveurs auraient d'ailleurs tendance à choisir une boisson alcoolisée davantage associée à des sentiments d'agressivité et de déprime, à domicile comme à l'extérieur. Les chercheurs constatent qu'ils "peuvent aussi compter sur l'alcool pour générer les émotions positives qu'ils attribuent à la boisson car ils étaient cinq fois plus susceptibles de se sentir énergiques par rapport aux petits buveurs".

Les scientifiques pointent néanmoins les limites de leur découverte: il s'agit d'une étude observationnelle et il existe des facteurs impliqués dans les sentiments provoqués par l'alcool, y compris la publicité, quand et où l'alcool est bu, et la teneur en alcool des boissons. Ils espèrent néanmoins que l'étude incitera à réfléchir à l'alcool consommé. "Comprendre les émotions associées à la consommation d'alcool est impératif pour lutter contre l'abus d'alcool", concluent-ils.

En France, l'Inpes précise que la consommation excessive est un problème majeur de santé publique: l'alcool représente la deuxième cause de "mortalité évitable". L'agence sanitaire recommande de ne pas dépasser plus de 2 unités d'alcool par jour pour les femmes, et pas plus de 3 unités d'alcool par jour pour les hommes. Une "unité" implique qu'il y a la même quantité d’alcool dans un verre de whisky que dans un verre de bière par exemple.

Alexandra Bresson