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Les prothèses mammaires du n°1 du secteur accusées de favoriser une forme très rare de cancer

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Les implants commercialisés par la firme américaine Allergan provoqueraient dans certains cas un lymphome anaplasique à grandes cellules, une forme rare mais agressive de cancer.

Vers un nouveau scandale autour des prothèses mammaires? Le chirurgien esthétique marseillais Christian Marinetti, déjà à l'origine de la révélation de l'affaire PIP, lance ce jeudi 27 septembre un appel sur franceinfo pour dénoncer la dangerosité des implants mammaires commercialisés par le leader mondial du marché, l'Américain Allergan. Selon lui, ces prothèses texturées, nommées Biocell et utilisées dans la chirurgie reconstructrice, pourraient dans de rares cas causer une forme agressive de cancer, le lymphome anaplasique à grandes cellules. 

S'appuyant sur un rapport de l'Agence nationale du médicament (ANSM), il dénombre 50 cas de ce cancer depuis 2011 parmi les quelque 400.000 Françaises porteuses d'implants mammaires. Cinq de ces femmes sont mortes et trois de ces décès sont formellement imputables à l'évolution de leur maladie.

Or les prothèses Biocell seraient selon lui surreprésentées parmi les malades recensées. L'aspect granuleux des implants, censé permettre une meilleure adhésion au sein, pourrait selon lui expliquer la survenue de la maladie.

Ce n'est pas la première fois que ces prothèses sont montrées du doigt. Dès 2015, l'ANSM établissait le lien entre ce type de cancers et les implants mammaires. Et, en 2016, une étude de l'agence de santé établissait que cette proportion était encore plus grande chez les patientes implantées d'une prothèse Allergan.

"Grave mais rare"

Le médecin nuance toutefois: "Comme pour un médicament, les prothèses ont des effets secondaires. Celui-là est grave, mais rare. Le risque est faible, mais maintenant que nous le connaissons, nous sommes obligés d'en tenir compte."

Plutôt que de conseiller aux femmes qui ont ces implants de les retirer, il leur demande de se faire surveiller régulièrement par un médecin. Lui-même confie d'ailleurs qu'il continuera d'utiliser la Biocell. L'ANSM conseille de son côté aux femmes qui constateraient un "épanchement abondant, une augmentation de volume, de douleur, d’inflammation, de masse, d’ulcération (lésion de la peau) au niveau du sein" de consulter un médecin rapidement. 

Contacté par franceinfo, Allergan se défend en arguant que, si la part de prothèses Biocell impliquées est importante, "c'est parce qu'(elle est) aussi la marque la plus implantée". 

Claire Rodineau