BFMTV

Les patchs inefficaces pour faire arrêter le tabac aux femmes enceintes

En France, au moins 17% des femmes fument pendant leur grossesse. (illustration).

En France, au moins 17% des femmes fument pendant leur grossesse. (illustration). - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

En France, 17% des femmes fumeraient au cours du 3e trimestre de grossesse, ce qui correspond à environ 137.000 foetus exposés directement au tabagisme maternel.

Les résultats sont décevants. Les patchs à la nicotine sont inefficaces pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer, selon une nouvelle étude publiée mardi. Les timbres à la nicotine, en dépit des doses et de la durée du traitement, n'augmentent ni l'arrêt du tabac ni le poids de naissance des bébés.

Des patchs délivrant de la nicotine pendant 16h ont été utilisés par 402 femmes enceintes, pour une dose journalière allant jusqu'à 30 mg/jour.

"Il s'agit de la dose quotidienne la plus élevée et de la durée d'exposition la plus longue testées dans une étude chez les femmes enceintes", précise à l'AFP le Dr Ivan Berlin qui a reçu l'aval de l'agence française du médicament ANSM pour une telle dose.

Des bébés plus petits

En France, la fréquence du tabagisme chez les femmes enceintes est de l'ordre de 17% au 3e trimestre de grossesse, ce qui correspond à environ 137.000 foetus exposés directement au tabagisme maternel par an et c'est là une estimation basse, a expliqué Ivan Berlin d'après des données 2010.

L'abstinence complète n'a été obtenue que chez onze femmes (5,5%) du groupe nicotine et dix (5,1%) du groupe placebo. Dans les deux groupes, le délai moyen de reprise de la cigarette était de 15 jours.

Le poids moyen à la naissance des nouveau-nés était similaire dans les groupes nicotine et placebo (respectivement 3,065 kg et 3,015 kg) alors que celui des bébés des femmes devenues totalement abstinentes (21) était nettement supérieur (3,364 kg).

Le soutien psycho-comportemental devrait être favorisé

Par ailleurs, une pression artérielle significativement plus élevée a été relevée sous substituts nicotiniques. Les auteurs suggèrent donc que le contrôle de la tension artérielle fasse partie des critères d'évaluation des études à venir chez les femmes enceintes.

"Ces résultats sont décevants et devraient encourager les efforts pour évaluer de nouvelles approches", écrivent-ils. En l'absence de preuve de l'efficacité des substituts nicotiniques chez les femmes enceintes fumeuses très dépendantes du tabac (+ de 5 cigarettes/jour), le soutien psycho-comportemental reste l'intervention à privilégier pour les aider à cesser de fumer, estiment-ils.

La France devrait adopter un programme d'aide à l'arrêt du tabac aussi efficace qu'en Angleterre, préconise également le Dr Berlin.

L'essai comparatif a été réalisé en double aveugle, avec répartition par tirage au sort des participantes en un groupe recevant des patchs placebo et un autre des patchs à la nicotine, avec une "dose adaptée individuellement". En moyenne, le traitement entrepris à partir du deuxième trimestre de grossesse, a été pris durant 105 jours.

Cette étude réalisée entre 2007 et 2012 et publiée dans le British Medical Journal (BMJ) a porté sur 402 femmes enceintes de plus de 18 ans, fumant au moins cinq cigarettes par jour.

A. D. avec AFP