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Le virus Zika pourrait provoquer de graves troubles de la mémoire

Le moustique tigre est l'une des 100 espèces les plus invasives du monde. Il est vecteur de maladies telles que le chikungunya ou la dengue.

Le moustique tigre est l'une des 100 espèces les plus invasives du monde. Il est vecteur de maladies telles que le chikungunya ou la dengue. - James Gathany - CDC - Domaine public

Une étude américaine évoque la possibilité d'effets néfastes du virus Zika sur le cerveau adulte. Il compromettrait la mémoire et la capacité d'apprentissage.

La recrudescence du virus Zika sur le continent américain, et notamment au Brésil, transporté par les moustiques, a beaucoup inquiété dès 2015. Mais jusqu’ici, il semblait que la vigilance devait se porter essentiellement sur les femmes enceintes: le virus peut en effet provoquer de sévères microcéphalies chez les nourrissons. Mais une étude américaine indique que les dommages de Zika pourraient aller plus loin. La maladie pourrait en effet causer des effets comparables à ceux du syndrome d’Alzheimer.

"Maintenant, nous savons de quel côté chercher"

Les scientifiques de plusieurs universités américaines ont infecté des souris avec le virus Zika. Cette expérience avait pour but d’évaluer la vulnérabilité du cerveau adulte au virus. Il est apparu que la maladie pouvait s’attaquer aux cellules immatures du cerveau, primordiales dans le processus d’apprentissage et de mémoire. Au fil du temps, le cerveau pourrait même se contracter.

Le professeur Sujan Shresta, de l’Institut La Jolla en Californie, qui a participé à ce travail a donné quelques indications: "Zika peut à l’évidence pénétrer le cerveau humain et y causer des ravages. Mais c’est une maladie complexe- c’est catastrophique pour les premiers développements cérébraux, et cependant la majorité des adultes infectés ne montrent pas de symptômes. Mais les effets du virus sur le cerveau adulte peuvent être plus subtils et maintenant nous savons de quel côté chercher."

Des risques de dépression accrus?

Une autre piste d’étude s’offre aux chercheurs: ils se demandent à présent si Zika peut ou non provoquer des dépressions en plus de détruire la mémoire et de détraquer la démarche cognitive.

Cependant, de nombreuses incertitudes planent encore à ce stade de travaux que les savants vont devoir poursuivre. Les auteurs de l’étude se gardent d’ailleurs d’être trop catastrophistes, relevant que les adultes en bonne santé pourraient sans doute bien résister au choc Zika. Les adultes dont le système immunitaire est amoindri font eux figure de victimes idéales.

R.V