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Le confinement a fait exploser la prévalence de l'anxiété dans la population française

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Photo d'illustration. - VALERY HACHE / AFP

Ce jeudi, l'agence Santé Publique France a présenté les premiers résultats de vagues d'enquêtes successives, mises au point avec l'institut BVA, et portant sur l'anxiété des Français en raison du confinement et de l'intrusion du coronavirus sur le territoire. Ces études mettent aussi en lumière les segments de la population les plus vivement concernés par cette angoisse.

Les épisodes épidémiques et les quarantaines qu'ils peuvent impliquer présentent par nature leur lot de conséquences tragiques. Si la maladie emporte la vie d'une part des personnes qu'elle infecte, ses effets se font sentir à des lieux à la ronde. Ceux-ci sont bien souvent psychologiques. Les atteinte du coronavirus au sein de la population française suivent ce même schéma.

27%

Alors que les autorités ont décidé d'instaurer un vaste confinement à compter du 16 mars dernier, l'agence Santé Publique France a mis en place, à partir du 23 mars, un dispositif d'enquête, de concert avec l'institut BVA, auprès de 2000 internautes de 18 ans et plus cherchant à jauger "la prévalence des troubles psychiques (en particulier anxio-dépressifs)" induits parmi les Français par le virus et l'isolement contraint, d'"identifier les segments de la population les plus vulnérables", ainsi que l'adhésion des Français aux mesures prises par le gouvernement. 

Cette enquête s'est déroulée en trois actes. La première vague s'est étendue du 23 au 25 mars, la deuxième entre les 30 mars et 1er avril, et la troisième du 14 au 16 avril. Santé Publique France a dévoilé ce mercredi les résultats des deux premières périodes mentionnées. Entre les 23 et 25 mars, 27% des sondés ressentaient un état d'anxiété. La proportion diminuait cependant quelques jours plus tard, avec 22% d'"anxieux". Une baisse qui ne masque pas la généralisation de l'angoisse: car en 2017, des travaux similaires ne dégageaient que 13,5% de personnes affectées par cette forme d'inquiétude.

Certaines franges de la population plus vivement concernées 

L'étude décrit donc également les ensembles sociologiques les plus susceptibles de déclarer une angoisse devant cette France confinée, frappée par le coronavirus et où l'on craint les retombées économiques de la maladie. Ce sont les suivants: les femmes, les personnes âgées de moins de 50 ans, les personnes affrontant une situation financière difficile, les personnes exerçant en télétravail, les parents d'un ou plusieurs enfants de 16 ans et moins, les personnes ayant un proche montrant des symptômes similaires à ceux du Covid-19, les personnes connaissant mal les modalités de transmission de la maladie, déclarant la considérer comme grave, n'ayant pas confiance dans les pouvoirs publics, s'estimant peu capables d'adopter les mesures de protection préconisées. 

Pour lutter contre cette emprise de l'angoisse dans la société, Santé Publique France recommande de s'appuyer sur le réseau des médecins généralistes et des professionnels de la santé mentale (c'est-à-dire psychologues et psychiatres), ainsi que sur le monde associatif. L'agence signale par ailleurs qu'un espace dédié à la santé mentale a été crée sur son site, et qu'une vidéo consacrée à la gestion du stress a été intégrée à la série de vidéos qu'elle a lancée avec le service d'information du gouvernement et le ministère de la Santé, intitulée "Ma vie au quotidien". Enfin, Santé Publique France rappelle le numéro vert activé par le gouvernement et dédié au soutien psychologique: 0 800 130 000. 

L'enjeu est des plus importants. Les premières études menées en Chine, explique toujours l'agence, ont exhibé un nombre considérable d'un troubles anxieux, et dépressifs, ainsi que de troubles du sommeil. D'autres travaux vont jusqu'à parler d'un risque d'augmentation des conduites suicidaires, de symptômes d'allure psychotique, de symptômes psychosomatiques, de symptômes de stress post-traumatique et de consommation de substances psychoactives (alcool, tabac). 

Robin Verner