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La pollution domestique influencerait le QI des enfants exposés in-utero

L'exposition des femmes enceintes aux phtalates serait mauvaise pour le cerveau du foetus (illustration)

L'exposition des femmes enceintes aux phtalates serait mauvaise pour le cerveau du foetus (illustration) - Jean Ayissi - AFP

Les phtalates sont présents dans de nombreux plastiques utilisés au quotidien, sans qu'on le sache. Or, les foetus y seraient sensibles et les enfants les plus exposés in-utero auraient un QI un peu plus faible à l'âge de 7 ans.

Feuilles d'assouplissant pour sèche-linges, vinyle, certains rouge à lèvres, laques pour les cheveux, vernis à ongles ou encore savons... Les phtalates que contiennent - entre autres - ces produits de consommation quotidienne menacent les enfants alors qu'ils sont encore dans l'utérus de leur mère.

Exposés à des niveaux élevés de ces substances chimiques, les foetus grandissent avec un quotient intellectuel (QI) en moyenne plus bas, selon une étude parue mercredi dans la revue scientifique américaine Plos one. Les produits incriminés sont des perturbateurs endocriniens: les phtalates de dibutyle (DnBP) et dedisobutyle (DiBP) utilisés pour assouplir des matières plastiques, précisent les chercheurs de la faculté de santé publique de l'université Columbia à New York.

Dans un article sur le sujet, Sciences et Avenir cite également les cadres des fenêtres, les ballons, les nappes, les rideaux de douche... comme contenant des phtalates. Ils précisent que, selon l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail, on en trouverait jusque dans les aliments contaminés par leur emballage de type fromage, poisson, viandes ou céréales. 

Des taux plus faibles mais dans les normes

Ils ont mesuré dans leur urine, au troisième trimestre de grossesse, les niveaux de quatre phtalates (DnBP, DiBP, di-2-ethylhexyle et diéthyle). Puis le QI des enfants a été testé quand ils avaient sept ans. Ceux qui avaient été exposés in utero aux concentrations les plus élevées de phtalates DnBP et DiBP avaient un QI de 6,6 à 7,6 points plus bas que ceux qui avaient été en contact avec des niveaux plus faibles.

Pour autant, ces taux n'étaient pas inhabituels et étaient dans les limites de ce qui est constaté au niveau national par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). "Une réduction de six ou sept points du QI peut avoir des conséquences notables pour le succès scolaire et le potentiel professionnel", juge malgré tout Robin Whyatt, professeur de médecine environnementale à l'Université Columbia, qui a dirigé ces travaux.

"Partout aux Etats-Unis, les femmes enceintes sont exposées aux phtalates de manière quasi quotidienne dont un grand nombre à des niveaux similaires à ceux mesurés chez les sujets de l'étude", souligne Pam Factor-Litvak, professeur adjointe d'épidémiologie à l'Université Columbia.

Depuis 2009 aux Etats-Unis, plusieurs phtalates sont interdits dans des jouets et d'autres articles pour enfants. Mais aucune mise en garde particulière n'a été prise pour informer les femmes enceintes. Les phtalates figurent d'ailleurs rarement sur la listes des composants des produits.

A.D. avec AFP