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La cigarette électronique efficace pour arrêter de fumer, mais pas à long terme

Depuis ce lundi, il est interdit de vapoter dans les entreprises.

Depuis ce lundi, il est interdit de vapoter dans les entreprises. - AFP

Si vapoter peut aider à réduire ou arrêter le tabagisme, les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs.

Les forces et faiblesses de 5400 fumeurs et 2025 ex-fumeurs ont été passées au crible par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Tous ces Français font partie du programme Constances, une cohorte géante de 200.000 personnes suivies depuis 2012, dont les conclusions ont été présentées ce jeudi.

En France, environ 3% des habitants vapotent. La majorité sont des fumeurs qui essayent d’arrêter. "Nous avons cherché à savoir si ces personnes avaient plus de chances d’arrêter avec cet outil; et si le fait de vapoter prédit le succès de l’arrêt du tabac, c’est-à-dire un arrêt durable", nous explique Maria Melchior, directrice de recherches à l’INSERM.

Les vapoteurs ont diminué leur consommation de tabac

L’épidémiologiste poursuit: "Parmi 2000 personnes qui s’étaient arrêtées de fumer, environ 10% s’étaient aidées du vapotage". 

Et chez les 5400 fumeurs, les personnes qui ont vapoté ont diminué leur consommation de tabac. Au bout de deux ans, en moyenne, les fumeurs utilisant la cigarette électronique ont plus réduit leur niveau de tabagisme que les non-utilisateurs, à hauteur de 4,4 à 2,7 cigarettes par jour.

Vapoter peut aider à arrêter de fumer, mais pas durablement

Autre résultat notable, 40% des fumeurs vapoteurs ont arrêté de fumer pendant le suivi, contre 25% des fumeurs qui n’utilisaient pas la cigarette électronique. "Oui, vapoter peut aider à arrêter de fumer mais ce n’est pas toujours un arrêt durable", note Maria Melchior.

C’est le gros bémol de ces conclusions encourageantes: les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs (31 contre 16%).

Selon la chercheuse de l’INSERM, "ce résultat sous-entend un risque: que la cigarette électronique entretient l’addiction à la nicotine. Par exemple, quand elle ne fonctionne pas, qu’il n’y a plus de liquide, plus de batterie etc., on peut être amené à refumer".

Se faire aider pour limiter le risque de rechute

En résumé, la cigarette électronique permet aux fumeurs de réduire leur niveau de tabagisme ou d’arrêter de fumer, mais cet arrêt ne semble pas toujours durable. "Le plus efficace reste la motivation. Cela souligne l’intérêt pour les gros fumeurs notamment de se faire aider pour limiter le risque de rechute, car la cigarette électronique ne suffit pas toujours", conclut Maria Melchior.

L’étude de l’INSERM n’est pas terminée. Le recueil de données se poursuit pour mesurer de nouveaux critères chez ces fumeurs, vapoteurs ou ex-fumeurs; comme la durée moyenne de vapotage, le volume de e-liquides consommés par semaine et la reprise du tabagisme.

Margaux de Frouville