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La cigarette électronique aussi peu risquée que les gommes et patchs à la nicotine

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Bonne nouvelle pour les vapoteurs: d'après une étude publiée ce mardi et menée par des chercheurs américains et britanniques, la cigarette électronique serait aussi peu risquée que les gommes ou les patchs à la nicotine. En revanche, pour ceux qui alterneraient vapeur et fumée, les risques liés au tabac restent les mêmes.

Une étude menée par des chercheurs de l'University College de Londres et publiée ce mardi dans la revue Annals of Internal Medicine, la première du genre menée sur le long terme, conclut que la cigarette électronique contient très peu de substances toxiques par rapport à la cigarette conventionnelle. Elle viendrait donc conforter l'usage de la cigarette électronique en remplacement du tabac. L'étude démontre également qu'inhaler de la vapeur serait aussi peu risqué que consommer d'autres types de substituts nicotiniques comme les gommes ou les patchs à la nicotine.

Alan, un Parisien de 22 ans, confie avoir ressenti la différence quand il est passé à la cigarette électronique. Alors qu'il fumait deux paquets par jour, le jeune homme a commencé à prendre peur pour sa santé.
"Au niveau du souffle, je n'avais plus rien", confie-t-il à BFMTV. Depuis 5 mois, Alan a intégralement remplacé la cigarette par la vaporette. "Depuis que j'utilise la cigarette électronique, le souffle revient. Je ne tousse plus. Il n'y a plus de problème à ce niveau-là".

Alors que 51,6% des Européens jugent la e-cigarette dangereuse, selon une étude publiée l'an dernier, les auteurs de l'étude démontrent à partir d'analyses d'urine et de salive sur 181 participants, que des anciens fumeurs qui sont passés à la cigarette électronique ont vu leur concentration de produits toxiques dans l'organisme diminuer considérablement.

"Nous avons démontré, à travers nos travaux, que le niveau de substances toxiques dans le corps provenant des cigarettes électroniques, est considérablement plus bas que dans les études précédentes. Cela signifie que les doutes à propos des risques sur la santé des e-cigarettes peuvent être remis en cause", explique Lion Shabab, co-auteur du rapport.

Pour Alison Cox, la directrice de Cancer Research UK, "cette étude met en évidence que l'utilisation des e-cigarettes en remplacement du tabac est une bonne alternative pour la santé sur le long terme".

Même degré de toxicité que les patchs ou les gommes

Par ailleurs, d'après les analyses sur la salive et l'urine des participants "vapoteurs", les composés toxiques ne sont pas plus importants que ceux des ex-fumeurs utilisant des patchs ou des chewing-gums à la nicotine.

Le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, admet qu'on peut conseiller aux fumeurs qui souhaitent se défaire du tabac, d'adopter la cigarette électronique:

"Nous ne possédons pas encore toutes les études médicales nécessaires pour qu'un médecin vous le recommande mais comme bon père de famille, c'est évident que c'est infiniment moins dangereux. On a dans cette étude, une dangerosité qui est du même type que celles du substitut nicotinique à savoir les patchs ou les gommes à la nicotine. On peut les prendre de façon rassurée", indique-t-il.

Alterner tabac et e-cigarette est toujours aussi dangereux

Cependant, pour bénéficier de ces effets positifs, il est nécessaire que les utilisateurs quittent définitivement la cigarette classique.

"Il n'y a pas de gains lorsque la cigarette électronique est utilisée en continuité avec du tabac", souligne Jean-Philippe Santoni, pneumologue bénévole à la Fondation du souffle.

L'étude démontre que le taux de nitrosamines, les substances cancérogènes impliquées dans le cancer du poumon, est réduit de 97% chez les vapoteurs exclusifs par rapport aux fumeurs, tout en apportant quasiment le même taux de nicotine. "Cela peut aider les personnes à arrêter de fumer la cigarette en compensant leurs envies avec un substitut qui comporte moins de risques", explique le contributeur de l'étude.

Une étude qui vient contredire d'autres rapports

Le test mené sur 181 participants est cependant peu représentatif de la population et mérite certainement d'autres études pour confirmer les effets moindres de la cigarette électronique sur la santé.

Selon l'étude de l'université de Portland en janvier 2015, plus le liquide est chauffé, plus le cancérigène est présent dans la vapeur inhalée.

En février 2016, plusieurs cigarettes électroniques avaient explosé entraînant le Haut Conseil de la santé publique à interdire son utilisation dans les lieux collectifs. Selon cette même entité, la cigarette électronique reste une initiation au tabagisme et est conseillée uniquement dans le cadre du sevrage tabagique.

Aujourd'hui, deux millions de Français utilisent quotidiennement une cigarette électronique.

Estelle Gousson avec Tanguy de Lanlay et Fanny Morel