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L'épidémie de bronchiolite particulièrement sévère cette année

Nourrisson (image d'illustration)

Nourrisson (image d'illustration) - Didier Pallages - AFP

C’est une épidémie particulièrement sévère cette année. La bronchiolite a entraîné un coup de chaud dans certains hôpitaux. Cette infection respiratoire, qui touche majoritairement les moins de deux ans, s’est ancrée dans tous les départements de France, à l’exception de la Corse.

Lundi dernier, le 3 décembre, l’hôpital parisien Robert Debré (AP-HP) a enregistré 396 passages aux urgences pour bronchiolite, une maladie respiratoire due à un virus, qui entraîne de la toux, un sifflement et parfois de la fièvre.

La semaine dernière, le nombre de cas quotidiens était 18% supérieur à la moyenne des années passées dans cet établissement.

L’augmentation de l’affluence s’est faite sentir la dernière semaine novembre. En moyenne, chaque jour, 15 à 20 enfants ont dû être hospitalisés, c’est-à-dire passer au moins une nuit dans le service. Il s’agissait quasiment à chaque fois de nourrissons de moins d’un an.

Face à ce pic épidémique, l’hôpital a même demandé au SAMU de Paris le week-end dernier de réorienter provisoirement les enfants atteints de bronchiolites sévères vers d’autres établissements d’Ile-de-France.

Selon Santé publique France, dans tout le pays, la bronchiolite était le deuxième motif de visite à l’hôpital la semaine dernière, derrière les infections ORL.

Qu’en est-il dans les cabinets en ville? "Je vois jusqu’à 5 ou 6 jeunes patients par jour avec une bronchiolite en ce moment, soit un tiers de mes consultations", explique Rémy Assathiany, pédiatre à lssy-les-Moulineaux, à côté de Paris. 

"C’est beaucoup, mais pas tellement plus que les autres années", poursuit-il.

"Voir un pédiatre, mais pas se rendre aux urgences systématiquement"

Selon ce médecin, membre de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA), des conseils permettent à la majorité des bronchiolites de rentrer dans l’ordre spontanément au bout de 5 à 10 jours, même si la toux peut perdurer davantage:

"Je recommande de multiplier les lavages de nez du bébé, de fragmenter son alimentation c’est-à-dire de lui proposer moins mais plus souvent, et de bien le surveiller pour voir s’il supporte bien sa bronchiolite".

A l’inverse, certains signes doivent alerter et conduire les parents à consulter:

"Si l’enfant est très essoufflé ou présente des difficultés à boire son biberon à plusieurs reprises, il faut voir un pédiatre, mais surtout pas se rendre aux urgences systématiquement, à moins qu’il ait moins d’un mois. Beaucoup de bébés continuent par exemple à sourire, et à s’alimenter, ce qui doit rassurer les parents".

Les spécialistes estiment qu’un tiers des nourrissons est touché par cette infection, soit 450 000 bébés chaque hiver.