BFMTV

L'automédication en France reste inférieure à la moyenne européenne

Caisse contenant des boîtes de médicaments. (Illustration)

Caisse contenant des boîtes de médicaments. (Illustration) - -

Le recours abusif à l'automédication par les Français serait une idée reçue, à en croire une étude commandée par l'Afipa, l'association des industriels du secteur. Cette pratique serait ainsi bien inférieure à la moyenne des autres pays européens.

L'automédication, un mal français? Pas si sûr. L'Afipa, l'association des industriels du secteur la décrit comme "une chance" que la France a laissée passer", et souligne que ce marché en recul reste moins développé que dans la plupart des autres pays européens.

"Le retard ne peut que s'accentuer sans des mesures pragmatiques qui tardent à venir", a déclaré à la presse le président de l'Afipa, Pascal Brossard, lors de la présentation de la 2e édition de l'Observatoire européen sur l'automédication mis en place par l'Afipa.

Cette étude, qui compare la situation de l'automédication dans huit pays européens, montre que la part de marché en volume de l'automédication se situait en 2013 à 15,7% en France, contre une moyenne européenne de 25,7%, avec plusieurs pays autour de 40%: Suède (42,2%), Allemagne (39,7%), Royaume Uni (39%), Pays-Bas (38,5%), Belgique (38,3%).

La France est "très en retard sur la moyenne européenne", a relevé Pascal Brossard.

Trois euros par mois contre plus de 40 pour la moyenne européenne

En valeur, la dépense par habitant en médicaments sans ordonnance était également moindre en France: 32,4 euros en 2013 (moins de 3 euros par mois), contre 42,4 euros pour la moyenne européenne.

En outre, en 2013, la France a été l'un des deux pays (avec le Royaume Uni) à voir le marché de l'automédication (2,1 milliards d'euros) reculer.

La baisse, qui était de 3% en 2013, s'est poursuivie en 2014, atteignant -3,8% depuis le début de l'année, a indiqué Jean-François Derré, directeur associé du cabinet Celtipharm, qui réalise cette enquête.

Le prix moyen en France (4,50 euros par unité) est plus bas que la moyenne européenne (6 euros).

L'automédication serait une chance pour le président de l'Afipa

L'Afipa estime que la solution numéro un pour développer l'automédication est un recours plus important au "délistage" des médicaments, qui les fait passer d'une prescription médicale obligatoire à une prescription facultative et permet leur vente libre en pharmacie.

Selon Pascal Brossard, des délistages sont à envisager par exemple pour la rhinite allergique, la conjonctive allergique, l'acné mixte ou le mal des transports. Dans ces indications, des médicaments d'automédication sont déjà disponibles dans d'autres pays européens.

L'automédication améliore "l'efficacité du système" de santé et permet d'en "diminuer le coût", a assuré le président de l'Afipa.

"Il existe un potentiel de développement important" en France, mais "il faut une réelle impulsion politique, une vraie volonté des pouvoirs publics", a affirmé le président de l'Afipa. "On laisse passer une chance que tous les autres pays en Europe ont su saisir", a-t-il ajouté.

D. N. avec AFP