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Hôpitaux de Paris: près de la moitié des internes affirme travailler entre 49 et 60 heures par semaine

Le médecin-inspecteur a été suspendu.

Le médecin-inspecteur a été suspendu. - AFP

Les trois quarts (73%) des internes interrogés affirment dépasser les 48 heures de travail par semaine.

La législation sur le temps de travail des internes en médecine, normalement limité à 48 heures hebdomadaires, est encore "peu respectée" à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), selon un rapport interne. 

Sur les 3000 internes en médecine accueillis chaque semestre à l'AP-HP, 490 ont participé à l'audit conduit de mai à octobre 2018, dévoilé la semaine dernière en commission médicale d'établissement.

Les résultats sont sans appel: les trois quarts (73%) des répondants dépassent les 48 heures de travail par semaine. Un peu moins de la moitié (41%) déclare un temps de travail hebdomadaire compris entre 49 et 60 heures, un quart (26%) entre 61 et 80 heures. Environ 5% vont même au-delà de 80 heures.

Le repos à la fin d'une garde de nuit "pas toujours observé"

Le repos de sécurité, pause obligatoire depuis 2002 à l'issue d'une garde de nuit, pour empêcher l'interne de travailler plus de 24 heures d'affilée, n'est lui aussi "pas toujours observé" alors que "la réglementation ne permet aucune dérogation".

Près de 40% des internes interrogés estiment ainsi qu'il n'est pas "systématiquement" respecté, 23% indiquant "rester" parfois un lendemain de garde pour une réunion ou un cours dans le service. De leur côté, 85% des 339 chefs de service interrogés assurent que le repos de sécurité est "systématiquement appliqué".

En outre, 8 internes sur 10 passent plus de 9 demi-journées par semaine à l'hôpital, soit au moins une de plus que ce que prévoyait la réforme entrée en vigueur en mai 2015 pour réduire leur temps de travail. En réponse aux injonctions de Bruxelles, le précédent gouvernement avait fait passer leur emploi du temps de 11 demi-journées à 10, dont 8 à l'hôpital (contre 9 auparavant), les deux autres étant dédiées à leur formation à la fac et à leur temps personnel (rédaction de thèse, par exemple).

Cette question épineuse n'est pas spécifique à l'AP-HP. Selon une étude du principal syndicat d'internes en médecine générale (Isnar-IMG) publiée en février, à l'hôpital, la moitié des futurs généralistes travaillent au-delà des horaires hebdomadaires réglementaires.

Cyrielle Cabot avec AFP