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Grève des services d'urgences: les travailleurs mobilisés rappellent leurs revendications

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Photo d'illustration - LOIC VENANCE / AFP

Le mouvement de grève dans les hôpitaux continue à gagner en puissance malgré les propositions de la ministre de la santé à la mi-juin. Les acteurs de la mobilisation ont rappelé les objectifs poursuivis ce jeudi.

Huit mois après que des chefs hospitaliers ont appelé à un grand plan pour des urgences de plus en plus encombrées, et après presque cinq mois de mobilisation, le mouvement continue de s'étendre. Ce jeudi, 213 services d'urgences sont ainsi en grève. A la mi-juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a bien tenté d'apaiser les travailleurs, en tendant une enveloppe de 70 millions d'euros, consacrés essentiellement à une revalorisation de 100 euros d'une prime mensuelle, mais la proposition échoue loin des revendications portées par les grévistes. 

Des annonces "insuffisantes" 

Quelles sont-elles? La création de 10.000 emplois supplémentaires, une augmentation des salaires de 300 euros et l'arrêt des fermetures de lits. Orianne Plumet, infirmière et membre d'Inter-Urgences, collectif à la pointe du mouvement, a expliqué la situation sur notre plateau ce jeudi: 

"On a eu plusieurs annonces de la part de la ministre jugées insuffisantes à l’heure actuelle. Une part des 70 millions proposés était réservée à la prime mensuelle de 100 euros. C’est un début. Dans nos revendications, c’était 300 euros de revalorisation salariale et pas seulement sur une simple prime. Et d’autre part, sur les 70 millions, seulement 15 millions étaient alloués en enveloppe fléchée de manière régionale et locale pour pallier notamment aux difficultés prévisibles de l’État, par rapport aux fermetures de lits ou des départs en vacances des agents."

"Le problème n'est pas résolu et on en est loin" 

Inès Gay, infirmière, a pointé un problème supplémentaire devant nos caméras: "Pour la prime du personnel travaillant aux urgences et les budgets fléchés vers les urgences, c’est du budget donné aux urgences sans augmenter le budget de l’hôpital, c’est donc pris sur les autres services. Et nous, on ne veut pas faire de la concurrence entre services."

Elle a observé par ailleurs:

"Il y a eu un effort du ministère mais pour ce qui est d’une des revendications principales qui est l’arrêt de l’hospitalisation sur brancard aux urgences à cause du manque de lit, pour l’instant la mesure proposée c’est une mission nationale qui réfléchit à ce sujet. Sachant qu’il y a déjà eu de nombreux rapports et un contrat zéro brancard pour lequel il n’y aura pas de résultat avant la fin de l’année ou l’an prochain."

Au micro de RMC, Abdel Dougha, aide-soignant à Paris, a dénoncé des renforts trop rares:

"L’enveloppe qui a été dégagée pour renforcer les équipes des urgences sur le plan national, on ne l’a toujours pas eue. A Brest, par exemple, simplement un brancardier en renfort la nuit, un aide-soignant à Nancy, un intérimaire à Epinay. Le problème n’est pas résolu et on en est loin."
Robin Verner