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Faut-il augmenter le prix du tabac?

La Cour des comptes préconise des hausses "plus fortes et plus continues" des prix du tabac pour réduire le tabagisme.

Faut-il encore augmenter le prix du tabac? Cela fait partie des recommandations de la Cour des comptes, qui préconise dans son rapport annuel des hausses "plus fortes et plus continues" pour dissuader les fumeurs.

La France compte un nombre important de fumeurs quotidiens, 13,4 millions, soit 28% des 15 à 75 ans, contre moins de 20% dans 15 des 34 pays membres de l'OCDE. Le constat de la Cour est simple: pour l'instant, la hausse des prix ne pèse en rien sur la santé publique. Au contraire, les ventes de tabac ont augmenté l'an dernier après plusieurs années de baisse.

Ceux que ça freine... Et les autres

Une augmentation forte et continue du prix du paquet de cigarettes? Forcément, dans les bureaux de tabac, ça fait réfléchir.

"C’est vrai qu’à 10 euros le paquet comme en Angleterre, ou 11 euros… Oui ça peut freiner. Ou du moins diminuer", reconnaît un client interrogé par BFMTV mercredi à Bordeaux. 

"Moi, j’arrête de fumer. Et puis, il y a pas mal de monde qui arrête de fumer. Moi, ils me l’ont dit", explique une autre.

Il y a donc ceux que ça freinerait. Et les autres, les irréductibles.
"On continuera de fumer. Il y a les frontières à proximité", prévient une jeune femme.

"Au pire, j’irai en Espagne, bien sûr. Ça coûte 2,50 euros de moins", explique un autre fumeur.

La consommation ne baisse pas
Et c’est ce qui effraie les buralistes.

"C’est une catastrophe parce qu’il y aura du marché au noir. Les buralistes vont fermer les uns après les autres. Ceux qui ont une belle structure, une grosse structure, ça va aller. Les petits buralistes, beaucoup moins. Il y aura des gens qui vont se retrouver à la rue", dénonce Céline, buraliste à Bordeaux.

L’argument est récurrent chez les buralistes. Pourtant, le prix paquet ne cesse d’augmenter chaque année et la consommation, elle, ne baisse pas.

Alors, que faire pour que ça cesse?

"Les toutes petites augmentations de moins de 5% n’ont pas d’effet. Mais à partir de 10% on a à peu près 4-5-6% de diminution de consommation, de façon mathématique", décrypte Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière.

En clair, contre le tabac, il faudrait donc une politique ferme. Pas des mesurettes. La dernière vraie guerre contre la cigarette en France, c’était sous Jacques Chirac, quand avait été décidée une augmentation des prix de près de 40% entre 2003 et 2004. Les ¾ des 12-15 ans avaient alors arrêté de fumer ou n’avaient pas commencé.

V.R. avec Julien Migaud-Muller, Eve Castaing et Julie Dubois