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Face à la saturation des hôpitaux en Île-de-France, des médecins plaident pour de nouvelles restrictions

Infirmière à l'hôpital Tenon à Paris le 9 novembre 2010

Infirmière à l'hôpital Tenon à Paris le 9 novembre 2010 - Fred DUFOUR © 2019 AFP

Constatant une hausse du nombre de patients Covid, et la saturation progressive de leurs services de réanimation, des médecins franciliens se prononcent pour un reconfinement le week-end.

"On est en train de se noyer tout doucement", "les systèmes sont saturés". Plusieurs médecins franciliens ont témoigné ce mardi sur BFMTV de l'augmentation du nombre d'arrivées de patients Covid-19 dans leurs services, notamment en réanimation. Le taux d'incidence du virus est actuellement de 322 dans la région d'Île-de-France, et 72% des lits sont occupés par des malades de ce coronavirus.

La question de mettre en place un confinement le week-end dans la région est actuellement discutée, et si la maire de Paris Anne Hidalgo a exprimé son désaccord avec la mise en place de cette restriction - déjà lancée à Dunkerque (Nord) et dans les Alpes-Maritimes - dans les hôpitaux franciliens on attend ce prochain confinement.

"La courbe ne fait qu'augmenter, toutes les projections montrent une augmentation dans les deux semaines qui vont venir, et là on est en train de discuter si éventuellement on pourrait fermer le week-end? C'est une blague", déclarait ce lundi sur BFMTV Ludovic Toro, médecin généraliste et maire UDI de Coubron (Seine-Saint-Denis).

"Si un confinement était instauré en Île-de-France ce serait une bonne nouvelle"

Pour certains établissements, étant donné la situation actuelle, des mesures de confinement arriveraient, de toute façon, un peu tard. "On est en train de se noyer tout doucement", alertait ce mardi sur BFMTV Jean-François Timsit, chef du service de réanimation et des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat (Paris), où "les réanimations sont pleines".

"J'espère me tromper mais malheureusement je crains que nous soyons très embêtés bien avant que le confinement ait la moindre efficacité", explique-t-il, ajoutant toutefois "qu'augmenter les mesures actuelles est très probablement utile pour [un résultat] dans 15 jours".

"C'est vrai que la période est difficile, il fait chaud, on a envie de se rassembler, malheureusement, il faut éviter de le faire", déclare de son côté Bruno Megarbane, chef du service de réanimation à l'hopital Lariboisière (Paris). Alors "s'il faut passer par un confinement le week-end pourquoi pas, en l'occurence il faut savoir que dans les semaines qui viennent il y a un risque majeur de difficulté de prise en charge des patients au niveau des hôpitaux".

"On est sur une forte augmentation des admissions en réanimation, et on n'a pas de prévisions de baisse, au contraire, tous les indicateurs incitent à penser que ça va même s'accélérer. Donc si effectivement un confinement était instauré en Île-de-France ce serait une bonne nouvelle", abonde sur notre antenne Djillali Annane, chef du service de réanimation à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, (Hauts-de-Seine).

Plus de lits et plus de personnels

Outre de nouvelles mesures de restriction, permettant de réduire les arrivées de malades à l'hôpital, les médecins soulignent également le besoin en lits de réanimation, et en personnel, pour faire face au flux actuel, et éviter les déprogrammations d'interventions pour les patients non-Covid.

"On va probablement commencer à réfléchir à déprogrammer de la chirurgie, actuellement on est à peine à 20% de déprogrammation", explique Jean-François Timsit, qui souligne également la nécessité de "retrouver du personnel". "On a clairement pas créé de lits depuis l'été dernier, et on n'a pas plus de personnel que l'été dernier. Les gens sont plus fatigués et viendront moins nous donner un coup de main", selon lui.

Bruno Megarbane souligne le même besoin "de pouvoir faire appel à des infirmiers ou des médecins capables de prendre des patients en réanimation pour pouvoir ouvrir des lits supplémentaires".

L'exécutif compte de son côté sur la vaccination pour endiguer la circulation de l'épidémie d'ici avril-mai. Mais jusque-là, "on va devoir encore passer par des phases de gros temps, de remous, difficiles", a expliqué ce mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. "Les semaines qui arrivent vont être difficiles", a également déclaré le Premier ministre Jean Castex ce mardi matin, devant les députés LaREM.

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Reconfinement

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV