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Espérance de vie: deux fois plus de risques pour les hommes que pour les femmes de mourir avant 65 ans

Panneau apposé sur un tracteur lors d'une manifestation d'agriculteurs à Dinan, le 4 février 2016.

Panneau apposé sur un tracteur lors d'une manifestation d'agriculteurs à Dinan, le 4 février 2016. - Daminen Meyer - AFP

La mortalité prématurée des hommes de moins de 65 ans résiste à la tendance de réduction de la différence d'espérance de vie entre les femmes et les hommes, révèle l'Insee. Cancers, maladies cardiovasculaires, mais aussi conduites à risques et maladies professionnelles en sont la cause.

La différence d'espérance de vie, plus longue pour les femmes que pour les hommes, n'est pas une nouveauté. La réduction de cet écart historique de 8,2 à 6,2 années entre 1994 et 2014 non plus. Il n'en reste pas moins que la différence mise en exergue par les Tableaux de l'économie française (TEF) de l'Insee dont l'édition 2016 paraît mardi, saute toujours aux yeux: 85,4 années d'espérance de vie moyenne pour les femmes, contre seulement 79,2 années pour les hommes selon les chiffres de 2014.

Si les femmes montrent globalement des comportements plus sains, par exemple en matière d'alimentation, ce différentiel s'explique surtout par "le poids de la mortalité prématurée" des hommes âgés de moins de 65 ans.

L'Insee confirme ce mardi que "l'espérance de vie à la naissance et à 65 ans (comprendre: à partir de l'âge de 65 ans, Ndlr) des hommes et des femmes en France fait partie des plus élevées d'Europe. En revanche, l'espérance de vie des hommes avant 65 ans se situe dans la moyenne européenne". 

L'institut de statistiques explique ce "décalage" par une mortalité prématurée des moins de 65 ans que notre pays expose davantage que les autres tranches d'âge de la population. 

Tabac, alcool, alimentation, mais pas seulement

Certaines causes de cette surmortalité masculine sont bien identifiées. La consommation de tabac et d'alcool, même si les femmes s'y sont mises aussi depuis longtemps, en fait partie. L'Insee souligne que les hommes meurent deux fois plus de tumeurs malignes que les femmes et 1,6 fois plus de maladies circulatoires. L'institut de la statistique précise qu'il s'agit ici de "taux de mortalité standardisés", qui concernent "une population présentant une distribution standard par âge (...) permettant la comparaison entre périodes et entre pays indépendamment des différences entre les pyramides des âges".

Mais ce sont bien ces décès masculins prématurés qui font défavorablement pencher la balance au détriment de la gent masculine. Au global, le taux de décès prématurés est 2,2 fois plus important pour les hommes que pour les femmes.

Trois fois plus de risques de morts violentes chez les hommes

A celles déjà évoquées, d'autres causes plus spécifiques aux hommes, s'ajoutent pour gonfler cette mortalité prématurée.

Ainsi, chez les moins de 65 ans, "ce rapport est de 3,5 pour les décès liés aux troubles mentaux et du comportement et de 3,1 pour les morts violentes (suicides, accidents...) et les maladies de l'appareil circulatoire".

Avant d'avoir atteint l'âge de 65 ans, les hommes ont donc plus de trois plus de risques de mourir de maladies ou d'accidents. Après 65 ans, l'espérance de vie pour les hommes est de 19,1 années, juste dans la moyenne européenne. Après cet âge, les femmes sont toujours privilégiées, avec une longévité supplémentaire de 23,4 ans, en augmentation de 2,2 ans par rapport à l'an 2000.

l'espérance de vie baisse-t-elle en france?

Ça n'aura pas échappé aux plus sagaces observateurs, le Bilan démographique de l'année 2015 témoignait, pour la première fois depuis 1969, d'une baisse respective de l'espérance de vie pour les hommes et pour les femmes de 0,4 et 0,3 années. Jointe par BFMTV.com Marie Reynaud, responsable des études démographiques et sociales de l'Insee, confirme cette infléchissement de la courbe vers le moins bon. Elle s'explique, selon elle, par des raisons conjoncturelles (l'épisode de grippe du premier semestre, le froid du mois d'octobre, la canicule de juillet 2015...) qui ont entraîné une surmortalité chez les plus de 65 ans. 

D'une manière générale, l'espérance de vie des deux sexes augmente doucement, mais sûrement en France. Elle est passée de 81,8 ans pour les femmes en 1994 à 85 ans en 2014. Et de 73,6 ans à 78,9 ans en moyenne pendant la même période pour les hommes.