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En quarante ans, les spermatozoïdes ont diminué de 60% chez les Occidentaux

Photo prise au Centre d'étude et de conservation du sperme humain à Rennes d'un écran de contrôle représentant la micro-injection par pipette d'un spermatozoïde dans un ovocyte

Photo prise au Centre d'étude et de conservation du sperme humain à Rennes d'un écran de contrôle représentant la micro-injection par pipette d'un spermatozoïde dans un ovocyte - Marcel Mochet-AFP

Une étude internationale conclut que le nombre de spermatozoïdes a sensiblement baissé chaque année depuis quarante ans chez les hommes des pays occidentaux.

Ce sont des conclusions préoccupantes pour la santé et la reproduction humaines. Le nombre de spermatozoïdes a baissé de plus de 59% en quarante ans, assure une étude internationale sur la fertilité des hommes occidentaux publiée dans la revue scientifique The Human Reproduction Update.

Une baisse de 1,6% par an

Cette enquête, menée entre 1973 et 2011 dans une cinquantaine de pays en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, a été conduite par des chercheurs du monde entier et a porté sur près de 43.000 hommes, rapporte CNN.

Selon les scientifiques, la production de spermatozoïdes a baissé de 1,6% par an. Une chute de la fertilité qui ne concerne pas tous les habitants de la planète: elle n'a pas été observée en Amérique du Sud, en Asie ou en Afrique.

"La progression de ce déclin est un crève-cœur", confie à la chaîne de télévision américaine Hagai Levine, le chercheur de l'Université hébraïque de Jérusalem à la tête de cette étude. "C'est difficile à croire, moi-même je n'en reviens pas."

Afin de mener cette enquête, les chercheurs brésiliens, danois, israéliens, espagnols et américains ont pris en compte l'âge, l'origine géographique et l'abstinence dans leurs données. Un autre point de cette étude inquiète particulièrement les scientifiques: la forte proportion d'hommes qui ont un taux de spermatozoïdes particulièrement bas, diminuant ainsi substantiellement leurs chances de concevoir un enfant.

"L'impact de l'environnement demeure méconnu"

Si l'étude ne s'est pas penchée sur les causes de cette baisse de la fertilité, pour Hagai Levine, le mode de vie occidental a une part de responsabilité. "Nous sommes exposés à de nombreux produits chimiques auxquels nous n'étions pas exposés auparavant", indique-t-il.

De précédentes études, dont l'une menée par le chercheur, ont en effet déjà évoqué cette hypothèse. Selon celle-ci, l'exposition in utero à des perturbateurs endocriniens puis aux pesticides à l'âge adulte peuvent influencer la production d'hormones, qui stimulent la fabrication de spermatozoïdes.

D'autres facteurs peuvent également entrer en ligne de compte. "Je soupçonne l'obésité d'avoir sa part de responsabilité", analyse Michael Dourson, professeur à la faculté de sciences de l'Université de Cincinnati, dans l'Ohio, aux États-Unis. Certains chercheurs évoquent également le changement climatique: le nombre de spermatozoïdes varierait selon le climat et la saison.

"L'impact de l'environnement moderne sur la santé des populations et des individus est de toute évidence énorme, pointe Hagai Levine, mais demeure encore largement méconnu."

Céline Hussonnois-Alaya