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En Algérie, des dromadaires sont touchés par une maladie proche de la vache folle

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Photo d'illustration - Maéli - Flickr

Les premiers cas d'animaux malades ont été détectés dans le désert algérien en 2018.

Ils ne portent pas son nom, mais des dromadaires du désert algériens seraient touchés par une maladie similaire à celle de la vache folle, révèle un article de The Conversation

Appelée encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), cette maladie se caractérise principalement par une perte d'équilibre, des troubles du comportement (de la nervosité, de l'agressivité) et des troubles de locomotion, aboutissant à la mort de l'animal.

La maladie dite de la vache folle est liée à l'apparition - dont l'origine est encore inconnue - de protéines du prion, c'est à dire de protéines dont l'organisation spatiale est anormale. En s'accumulant, elles forment des "particules protéiques agrégées toxiques pour les cellules du système nerveux", explique Mohammed Moudjou, ingénieur de recherche à l'Inra et auteur de l'article.

Les caractéristiques de "la protéine prion infectieuse identifiée dans le cerveau des dromadaires" sont cependant différentes de celles découvertes chez des animaux atteints d'ESB, explique l'ingénieur.

Un risque de transmission à l'homme

Les trois premiers cas de dromadaires malades ont été diagnostiqués en 2018 grâce à deux chercheurs algériens, Baaissa Babelhadj et Semir Bechir Suheil Gaouar. Ces derniers avaient déjà observé les symptômes de la maladie dès 2014 chez des dromadaires partant pour l'abattoir.

Les scientifiques ont ensuite pu détecter une nouvelle forme de prion chez ces dromadaires, appelée "camel-prion disease", qui en plus d'être présente dans le système nerveux, atteint également les organes périphériques des dromadaires.

Cela laisse penser que le risque de transmission à l'homme pourrait être important, puisque les populations du désert algérien consomment de la viande et du lait de dromadaire.

D'où vient la maladie?

La découverte de la maladie pose également problème d'un point de vue économique, souligne l'article de The Conversation. L'Algérie compte en effet 350.000 dromadaires, dont l'élevage représente "un intérêt économique, social et culturel", d'après les mots de l'auteur de l'article.

Pour pouvoir éviter la propagation de la maladie chez les camélidés, il faudrait pouvoir identifier l'origine du prion, encore floue. The Conversation note qu'il est possible qu'il soit issu d'une consommation de produits contaminés par des variantes de la vache folle.

En effet, si l'Angleterre a interdit de son territoire les farines animales en 1988 après avoir découvert des cas de vache folle dans ses élevages, elle a par la suite continué d'en exporter vers les pays étrangers, notamment ceux en voie de développement.

Les chercheurs doivent désormais mener des expériences pour tenter de connaître les risques réels de transmission entre espèces et avec l'homme, et pour savoir si certains types de génomes pourraient résister à cette "camel-prion disease".

Juliette Mitoyen