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Émancipée, libérée, parfois risquée: la sexualité des Parisiens passée au crible

Selon une étude de l'Ifop, les Parisiens, plus souvent célibataires ou volages, sortent volontiers du cadre conjugal traditionnel pour adopter une forme de "sexualité récréative".

Fait-on l'amour différemment en ville et en province? Pour répondre à cette question épineuse, l'organisme de sondages Ifop a diligenté, pour le site de rencontres CAM4, une étude sur la vie sexuelle des Parisiens.

Vie de couple, orientation, goûts et pratiques: le rapport, intitulé "Paris, ville lumière, ville de débauche?", passe en revue tous les aspects de la vie amoureuse des habitants de la capitale, qu'elle met en perspective en les comparant avec le reste des Français.

Paris, "refuge des sexualités minoritaires"

Et, à en croire les conclusions de l'étude, le sexe à Paris est bien plus libéré qu'ailleurs. "La capitale constitue à la fois un refuge des 'sexualités minoritaires' (homosexualité, échangisme...) et le territoire privilégié où s'inventent aujourd'hui les modèles sexuels et amoureux de demain", selon le rapport.

Plus volages, plus infidèles, plus ouverts aux formes d'amour dépassant le cadre conjugal traditionnel, les Parisiens semblent sans cesse repousser les limites de leur sexualité. 

Ainsi, au niveau de l'orientation sexuelle, les habitants de la capitale, tous sexes confondus, sont 13% à se dire homosexuels ou bisexuels, soit près de deux fois la proportion recueillie sur l'ensemble du territoire (7%). Au total, à Paris, près d'un individu masculin sur cinq (19%) se dit "homo" ou "bi". C'est près du double de la moyenne nationale (11%).

Plus célibataires, plus volages et plus infidèles

La proportion de célibataires dans la population active est aussi nettement plus élevée à Paris (43%) qu'en province (33%). Les couples se séparent plus vite - les "vieux couples" sont près de deux fois moins nombreux dans la capitale (25%) qu'à l'échelle nationale (41%) - et l'infidélité est plus courante (58% contre 48%). Selon l'étude, cela s'explique notamment par le fait que Paris offre "nombre de possibilités de rencontres tout en garantissant à la fois un certain anonymat et une grande liberté d'action". 

La population parisienne affiche par ailleurs un nombre de partenaires sexuels au cours de sa vie (19) près de deux fois supérieur au reste de la population française (11). Plus susceptibles de s'adonner aux "coups d'un soir", les Parisiens sont 44% à avouer avoir déjà fait l'amour avec quelqu'un sans même connaître... son prénom. 

Des formes de sexualité "collectives" répandues

Au niveau de leurs pratiques sexuelles, les Parisiens font montre de la même ouverture d'esprit. Ainsi, les formes de sexualité dites "collectives" sont bien plus répandues dans la métropole et 29% des habitants de la capitale ont déjà tenté le plan à trois, contre 16% sur l'ensemble du pays. Un Parisien sur six (18%) a déjà fréquenté un lieu échangiste et 15% ont déjà concrètement échangé leur partenaire, soit trois fois plus que la moyenne nationale (5%). Enfin près d'un métropolitain sur quatre (22%) a déjà pris part à une orgie - c'est à dire qu'il a fait l'amour avec plus de trois partenaires en même temps. 

Une partie de l'étude se penche spécifiquement sur les pratiques sexuelles des Parisiennes. Elle établit que 25% des femmes vivant à Paris, soit une sur quatre, ont déjà reçu une "bifle", que 51%, soit une sur deux, ont déjà essayé la sodomie et qu'une écrasante majorité (84%) ont déjà pratiqué la fellation. 

"Constituant un espace où la sexualité est moins contrôlée et où la transgression des interdits est beaucoup moins sanctionnée, la métropole parisienne apparaît clairement comme un lieu d’émancipation et de liberté privilégiés, le territoire de la liberté sexuelle par excellence", commente François Kraus, directeur du pôle politique et actualité à l'Ifop.

Un étudiant sur deux a déjà eu un rapport sexuel sous l'emprise de drogue

Plus inquiétant, les pratiques dites "à risque" seraient particulièrement répandues chez les plus jeunes. Ainsi, les moins de 25 ans sont 42% à confier avoir déjà eu une relation sexuelle après avoir consommé de la drogue. Cette proportion grimpe à 48% chez les étudiants.

"Ne disposant pas toujours d'espaces propres pour se livrer à des jeux de séduction", près de la moitié des jeunes Parisiens (44%) a déjà eu des rapports sexuels dans des lieux publics et un tiers l'ont déjà fait au sein même de leur établissement scolaire. 

Enfin, le recours à la prostitution, plus élevé chez les Parisiens que partout ailleurs (38% contre 22%) ne concerne pas uniquement les personnes âgées. 38% des jeunes de moins de 35 ans ont déjà payé pour des faveurs sexuelles, contre 39% chez les plus de 60 ans.

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    (1) Étude Ifop pour CAM4 réalisée entre le 16 septembre et le 3 octobre 2016 auprès d'un échantillon de 2.007 personnes représentatif de la population parisienne âgée de 18 ans et plus. 

    Claire Rodineau