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Ebola: la molécule d'une herbe asiatique bloquerait le virus

Un nouveau traitement prometteur pour aider à lutter contre le virus Ebola

Un nouveau traitement prometteur pour aider à lutter contre le virus Ebola - Thomas Samson - AFP

La tétrandrine, une molécule dérivée d'une herbe asiatique, a montré une capacité à bloquer le virus Ebola pour l'empêcher de pénétrer dans les cellules de l'organisme, mettant fin ainsi à l'infection. Un espoir pour les chercheurs et les malades.

C'est une nouvelle voie vers un traitement du virus Ebola qui s'ouvre peut-être pour les chercheurs. Une molécule dérivée d'une herbe asiatique s'est révélée efficace pour empêcher l'infection de souris par le virus, selon des travaux publiés jeudi aux Etats-Unis. Les chercheurs de l'Institut de recherche biomédicale du Texas (TBRI) ont découvert que la tétrandrine, une molécule d'origine végétale, protégeait des souris de la maladie sans effet secondaire particulier. La tétrandrine a été efficace sur ces rongeurs en plus petites doses et a été bien tolérée, précisent-ils.

"Prudemment optimiste"

"Quand nous avons testé cette molécule sur des souris, elle a empêché la reproduction du virus et permis de sauver la plupart d'entre elles d'Ebola", explique le Dr Rovert Davey, un des auteurs de cette recherche parue dans la revue américaine Science.

La tétrandrine a montré une capacité à bloquer le virus Ebola pour l'empêcher de pénétrer dans les cellules de l'organisme, mettant fin ainsi à l'infection, résume-t-il. Se disant "prudemment optimiste", le chercheur a précisé que "la prochaine étape dans cette recherche sera de tester à la fois l'innocuité et l'efficacité de cette molécule contre Ebola chez des singes".

Des capteurs de calcium

Ces scientifiques avaient tout d'abord déterminé dans leurs recherches sur Ebola, menées depuis plus de dix ans, que le mécanisme permettant aux cellules de transmettre des charges électriques, dans lequel des capteurs de calcium jouent un rôle-clé, était important dans l'infection par le virus.

Ils ont découvert que deux capteurs de calcium dans les cellules étaient particulièrement importants pour que le virus Ebola puisse y pénétrer pour se multiplier, un processus jamais observé avec d'autres virus. Or les auteurs ont trouvé que les traitements utilisés contre l'hypertension avaient la capacité de bloquer ces deux capteurs. Ils ont donc testé plusieurs molécules -dont la tétrandrine- pour déterminer celle qui serait la plus efficace à neutraliser ces capteurs.

L'épidémie actuelle d'Ebola d'une ampleur sans précédent, mais qui donne des signes d'accalmie, a fait quelque 9.177 morts sur 23.000 cas recensés depuis début 2014, pour la plupart au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé. Il n'existe pour l'heure aucun traitement commercialisé mais des vaccins expérimentaux se sont avérés prometteurs, ainsi que l'antiviral japonais favipiravir (Avigan) contre la grippe pour certains malades.

S. C. avec AFP