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Dry January: un mois sans alcool pour "remettre en place une consommation raisonnable"

Un plateau de shots de vodka (illustration)

Un plateau de shots de vodka (illustration) - AFP

L’initiative britannique d’un mois de janvier sobre a été reprise en France, notamment sur les réseaux sociaux. La créatrice d’un des groupes d’entraide fait son bilan.

Du haut des 17.000 commentaires, réactions ou publications sur son groupe Facebook "Janvier sobre! Mon mois sans alcool!", Laurence Cottet ne cache pas sa satisfaction. Cette ancienne alcoolique, désormais actrice de la prévention, a décidé de fédérer au début du mois:

"Le 4 janvier, j’entends des médias relayer le 'Dry January'. Je me dis qu’en France, on n’a pas mis d’outils pour accompagner ceux qui souhaitent arrêter de boire. J’ai donc créé un groupe sur Facebook le jour-même. C’est vraiment du bricolage", raconte-t-elle.

Quatre semaines plus tard, elle compte 700 membres actifs qui alimentent la page. Avec l’aide de cinq modérateurs, Laurence Cottet publie chaque jour des conseils, des encouragements.

"Je me suis remise dans la tête de quelqu’un qui veut arrêter de boire. Je sais très bien ce que l’on ressent le premier jour, le deuxième jour... Je donne des pistes pour tenir bon. La première boîte à outils, ça a été le ressenti: comment se sent le corps sans alcool. La deuxième boîte, ça a été se faire respecter: j’ai pris la décision de ne pas boire."

Le poids du regard des autres face à l'abstinence

Mais pour celui qui décide de ne pas boire, se pose rapidement la question du regard des autres.

"Quelle attitude dois-je avoir face à des personnes qui ne comprennent pas ma démarche? Il y a plein de mises en situations: dans un café, dans un dîner. Je raconte des choses vécues."

Alors parfois, Laurence Cottet vient en aide à certains participants.

"Quand je vois que certains patients ont un vrai problème de dépendance, je les réoriente vers des groupes fermés, des associations ou vers des médecins. Je suis patient-expert, mais pas médecin ni psy", explique la diplômée en addictologie.

Sensibiliser les pouvoirs publics

A 58 ans, l’ancienne malade regrette le manque de volonté et de moyens de l’Etat pour combattre l’alcoolisme.

"C’est dommage que le gouvernement n’accompagne pas davantage ceux qui ont de gros problèmes avec l’alcool. On est gênés de parler de l’alcoolisme en France."

Cette année, cela fera 10 ans qu’elle n’a pas touché à une goutte d’alcool. Pour autant, elle ne prône pas cette abstinence totale chez les participants au mois sans alcool mais cherche à faire évoluer leur jugement et leur consommation

"Mon objectif, c’est que les gens puissent terminer ce mois en ayant en tête les notions basiques. Par exemple, un verre standard, c’est quoi? Au 1er février, l’objectif, c’est de remettre en place une consommation raisonnable d’alcool."

Forte du succès de son initiative, Laurence Cottet pense déjà à la suite.

"Pourquoi ne pas poursuivre et enchaîner sur le février sobre? Et relayer 'La tournée minérale' qui existe en Belgique? C’est un évènement créé par la Fondation contre le cancer belge, qui incite à démarrer un mois avec uniquement de l’eau dans les verres."

Autre objectif, à l’image du Mois Sans tabac en novembre, "institutionnaliser ce défi du mois de janvier sobre dès l’an prochain", avec l’aide d’institutions publiques cette fois.
Margaux de Frouville