BFMTV

Dès que vous passez plus de 3 heures assis, vous êtes sédentaire

On ne le dira jamais assez, il faut bouger et bouger encore pour combattre un mode de vie de plus en plus sédentaire. Une nouvelle étude britannique éclaire la question.

Pour le travail, mais aussi à la maison devant les livres ou les écrans, nous passons de plus en plus de temps en station assise ou allongée. Or, les risques encourus en raison du manque de mouvement sont grands. Les chercheurs du NIHR Leicester Biomedical Research Center se sont intéressés à 124 sujets courant un fort risque de déclencher un diabète. Leur étude est parue dans le journal Obesity.

L'observation s'est déroulée sur 7 jours. Les sujets étaient porteurs d'un accéléromètre autour de la taille afin de mesurer de manière très précise leur activité. Parallèlement, les masses graisseuses autour des principaux organes, des viscères et autour de la sangle abdominale ont été évaluées grâce à la pratique d'IRM. 

Moins on bouge, plus la graisse interne gagne du terrain

L'équation dégagée par les mesures des chercheurs est assez simple: plus une personne reste assise ou couchée, plus les dépôts lipidiques au niveau du foie, des autres organes, des viscères et de la sangle abdominale sont importants.

Si ce n'était que ça. Mais cette accumulation pose des risques sanitaires très importants à moyen terme. Le docteur Joe Henson, auteur principal de l'étude, explique: "Nous savons que le fait de passer de longues périodes sédentaires n'est pas sain et que cela représente un facteur de risque pour les maladies chroniques telles que le diabète de type 2 et les maladies cardiaques. De même, la quantité de graisse présente autour de nos organes internes pourrait aussi nous prédisposer à ces maladies."

Le facteur de risque induit par la sédentarité augmente d'autant plus pour ceux qui ne réalisent pas l'objectif de 150 minutes d'activité par semaine, soit la recommandation minimum de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'activité physique compense-t-elle la sédentarité?

Si bouger n'est jamais mauvais, c'est-à-dire pratiquer une activité physique modérée prenant en compte son âge, sa corpulence et son état de santé général, une autre question est de savoir si cela peut pallier le manque initial d'activité.

"L’étude montre également que l’objectif de 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine pourrait offrir une certaine protection contre des effets néfastes d’un style de vie sédentaire prolongé", argumente le docteur Joe Henson.

Sur ce point précis, les études ne conduisent pas toutes à la même conclusion. Certaines posent que cette dépense énergétique accrue permet de juguler au moins en partie les effets néfastes, notamment les risques cardiovasculaires. Ainsi cette étude de 2015

D'autres au contraire, celle-ci parue la même année, insistent sur la nécessité de réduire la station assise plutôt que de chercher à compenser par un regain d'activité. Selon l'Onaps (Observatoire de national de l'activité physique et de la sédentarité) demeurer assis trois heures par jour, ce qui est le cas de beaucoup de travailleurs du secteur tertiaire, est la cause de 3,8% des décès. Et selon le professeur François Carré, cofondateur de l'Observatoire de la sédentarité, "rester assis tue plus que le tabac".

Croire que les risques ne concernent que les hommes de plus de 50 ans serait une erreur. Ainsi, une étude épidémiologique d'une ampleur inédite, à laquelle ont répondu près de 5.500 femmes, montre que les jeunes sont concernées au premier chef par les maladies cardiovasculaires. Paradoxalement, plus elles cumulent les facteurs de risques tels que le tabac et la pilule, moins elles en sont informées. 

David Namias