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Depuis dix ans, le surpoids a augmenté chez les adolescentes et s'est stabilisé chez les garçons

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Photo d'illustration - Sous licence Creative Commons CC0

En 2017, près d’un élève en classe de troisième sur cinq est en surcharge pondérale. Parmi eux, plus de 5 % sont obèses. C’est ce qui ressort d’une étude de la DREES publiée ce mercredi. Les filles sont plus touchées que les garçons.

Sur les trente élèves d’une classe de troisième, plus de cinq étaient en surpoids en 2017, d'après de tout nouveaux chiffres publiés ce mercredi. Près de deux élèves étaient par ailleurs considérés obèses. C’est ce qui ressort de l’étude publiée par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) sous la tutelle du ministère des Solidarités et de la Santé.

Entre 2016 et 2017, un échantillon de collégiens a bénéficié d’un examen de santé avec un entretien sur leurs habitudes de vie. Conclusion: 18% des adolescents interrogés étaient en surpoids, dont plus d’un quart (5,2%) obèses. Les filles (20%) étaient davantage touchées que les garçons (17%) par cette surcharge pondérale.

"De grandes inégalités sociales"

Plus préoccupante est l’évolution constatée: depuis 10 ans, le surpoids des adolescentes s’est répandu, de 17% en 2009 à 20% en 2017. Chez les garçons, la tendance est à la stabilité (17%). Quant à l’obésité, là encore, elle progresse plus vite chez les collégiennes que chez les collégiens : 5,4% des filles contre 3,8% il y a 10 ans.

"Les différences entre les deux sexes sont multifactorielles. Il y a assurément un lien avec la non activité physique et le temps passé devant les écrans", nous explique Jean-Marc Aubert, directeur de la DREES.

Selon cette étude, les filles de troisième sont plus consommatrices d’un facteur de sédentarité -et donc de prise de poids- redoutable: les écrans. La moitié d’entre elles passent au moins 4 heures par jour devant les écrans en semaine, contre 3 heures pour la moitié des garçons. 

Les adolescentes sont également plus sujettes aux troubles du comportement alimentaire. "Les filles se mettent davantage de pression sur leur poids. Elles sont plus volontiers plus tiraillées entre ce qu’on doit faire et ce qu’on peut faire pour se nourrir. Plus sensibles aussi aux objectifs de mode avec des jeunes femmes encore souvent représentées comme des planches à pain", estime Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste.

Autre enseignement de l’étude, ces évolutions sont marquées par de grandes inégalités sociales. Par exemple, près d’un enfant d’ouvrier sur quatre (24%) est en surpoids, contre un sur dix (12%) pour les enfants de cadres.

Habitudes de vie différentes

Selon la DREES, ces disparités "peuvent en partie s’expliquer par des habitudes de vie différenciées selon le milieu social. Les habitudes de vie bénéfiques à la santé sont plus souvent déclarées par les adolescents issus des milieux socialement favorisés : prise régulière d’un petit déjeuner, pratique d’un sport, limitation du temps passé devant les écrans (…)".

Par exemple, seule la moitié (52%) des collégiens scolarisés en éducation prioritaire déclare prendre un petit déjeuner tous les matins, contre les deux tiers (65%) pour ceux des autres établissements. Une question d’habitude, et de coût, selon le docteur Cocaul :

"Les personnes qui ont pouvoir d’achat limité se rabattent généralement sur du volume. Or ce qui apporte du volume, ce sont généralement des produits gras et sucrés ou salés car ils sont moins chers à fabriquer. Par exemple, le poisson pané, c’est moins cher que le poisson sur l’étal du poissonnier", estime le spécialiste.
Margaux de Frouville