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Déconfinement: les médecins généralistes craignent l'engorgement après le 11 mai

Doctolib a enregistré une hausse de 60% des prises de rendez-vous la semaine prochaine, avec un pic le jour prévu pour le déconfinement, le 11 mai.

Depuis le début du confinement, les patients ont déserté les salles d'attente des médecins généralistes, par crainte d'une éventuelle contamination au coronavirus - à tel point que la profession avait alerté sur les risques pour les malades chroniques de différer les consultations. Ces dernières semaines, Doctolib avait ainsi constaté une baisse inédite des rendez-vous médicaux, de -47% chez les généralistes et -71% chez les spécialistes.

Mais après un mois et demi de vidéoconsultation, les Français reprennent massivement des rendez-vous pour une consultation physique chez leurs médecins, qui doivent faire face à un risque d'engorgement de leur cabinet.

Une hausse de 60% des rendez-vous sur Doctolib

Sur Doctolib, déjà deux millions de rendez-vous ont été pris la semaine prochaine, avec un pic le jour prévu pour le déconfinement, le 11 mai. Cela représente une hausse de 60% des rendez-vous, indique à BFMTV Stanislas Niox-Château, président fondateur de l'entreprise. Ce dernier précise que sa société doit aider les praticiens sur trois niveaux:

"Relancer leur activité, réduire la surcharge de travail liée à cette relance et mettre en place des mesures d'organisation du cabinet pour garantir la sécurité des patients."

Priorité aux personnes âgées et fragiles

Les médecins doivent ainsi s'assurer que les mesures de distanciation sociale seront respectées dans leur cabinet, tout en prenant en charge en priorité les patients le plus fragiles. 

"J'ai essayé d'isoler les personnes âgées ou fragiles par rapport aux tout venant qui vont venir dans l'après-midi, sauf les premiers rendez-vous où j'ai placé aussi des personnes âgées qui ont des difficultés et sont fragiles", explique à BFMTV le docteur Tura Milo, médecin généraliste. 

Cette dernière a également détaillé toutes les mesures d'hygiène sur la porte d'entrée de son cabinet, afin que celles-ci soient connues de tous avant d'entrer.

"Tous les patients doivent m'avertir quand ils sonnent sur l'interphone, ils doivent impérativement porter un masque et surtout ils ne doivent pas entrer dans la salle d'attente s'ils viennent pour un Covid", poursuit-elle.

Les médecins généralistes seront d'autant plus en première ligne qu'ils feront partie, aux côtés des agents de l'Assurance maladie, des brigades d'enquêteurs. Ces dernière seront chargées de retrouver les contacts avec lesquels auront été des personnes diagnostiquées positives au Covid-19.

"Nous ne pourrons réussir que grâce à la mobilisation des professionnels de santé libéraux", avait affirmé Edouard Philippe à l'Assemblée nationale mardi dernier.
Esther Paolini