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De plus en plus d'infections nosocomiales en Europe dues à une bactérie multi-résistante

Des infirmiers à l'hôpital de Lille, le 2 avril 2013. (Photo d'illustration)

Des infirmiers à l'hôpital de Lille, le 2 avril 2013. (Photo d'illustration) - Philippe Huguen - AFP

Une étude scientifique remarque la prolifération de la bactérie potentiellement mortelle Klebsiella pneumoniae au sein même d'un hôpital, ou entre établissements de santé proches les uns des autres.

Si le nombre d'infections reste relativement faible par rapport au nombre de patients admis dans les hôpitaux européens chaque jour, la prolifération de la bactérie Klebsiella pneumoniae inquiète tout de même les scientifiques. Cette bactérie, courante dans les intestins, peut être totalement inoffensive.

Toutefois, lorsqu'elle voyage grâce au sang ou dans le système respiratoire, les infections qu'elle cause peuvent devenir très compliquées, voire impossibles à traiter, explique le journal britannique The Telegraph.

Cette "super bactérie", ou bactérie multi-résistante, résiste en effet aux antibiotiques les plus puissants, les carbapénèmes. Elle est listée dans les 12 agents pathogènes ultra-résistants qui requièrent de nouveaux antibiotiques "en urgence" recensés par l'OMS.

Une récente étude publiée dans la revue scientifique Nature note sa prolifération au sein des hôpitaux européens. "Nous avons remarqué dans notre étude que ces bactéries extrêmement résistantes se répandent principalement entre les patients traités dans un même hôpital, ou dans des hôpitaux proches les uns des autres", résume le Dr Sophia David au journal britannique.

Un nombre de morts multiplié par 6 en 8 ans

Le nombre de victimes de Klebsiella pneumoniae a été multiplié par six en Europe entre 2007 et 2015, de 341 personnes à plus de 2000. Les auteurs de l'étude s'inquiètent d'une explosion du phénomène si rien n'est fait pour le contenir.

Selon les données de la Commission européenne modélisées par le Telegraph, on pourrait passer de 25.000 morts de bactéries multi-résistantes en Europe en 2014 à 392.000 en 2050. Au niveau mondial, la projection passerait de 700.000 à 10 millions de morts. 

"L'enseignement principal est que le contrôle des infections nosocomiales va être déterminant pour contrôler ces bactéries multi résistantes", explique le Dr Sophia David au journal. "La deuxième chose à en tirer, c'est l'importance de la surveillance du génome pour surveiller les 'clones à haut risque' et les tracer entre et au sein des hôpitaux."

Liv Audigane