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Covid-19: une "dégradation" de l'activité physique observée pendant le confinement strict en France

L'incitation au télétravail a accentué la sédentarité et réduit la pratique sportive régulière en France (illustration)

L'incitation au télétravail a accentué la sédentarité et réduit la pratique sportive régulière en France (illustration) - Loic VENANCE © 2019 AFP

Dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France s'inquiète de la sédentarité excessive des Français, due à l'inactivité forcée liée au confinement instauré de mars à mai.

La pandémie de Covid-19 n'aura pas fait peser que des risques sanitaires liés à ses symptômes propres. Elle aura également eu, par le biais du confinement strict imposé au printemps dans de nombreux pays dont la France, un impact sur notre forme physique. Santé publique France (SPF), dans une étude à laquelle BFMTV a eu accès, relève une "dégradation des comportements d'activité physique et de sédentarité" de mars à mai 2020.

En clair, les Français s'étant vu imposer une période d'inactivité prolongée, ils en ont payé un certain coût. Les résultats de l'étude "montrent l’importance", selon SPF, "de promouvoir un mode de vie actif dans une telle situation, afin de contribuer au maintien de la santé physique et mentale de la population".

"D’après nos résultats, durant la période de confinement, 49% des hommes et 53% des femmes ne pratiquaient pas suffisamment d’activité physique au regard  des recommandations sanitaires", peut-on lire dans ce numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, édité par SPF.

Diminution d'activité chez près d'un Français sur deux

De manière générale, près de la moitié des personnes interrogées (48,8% des hommes et 52,8% des femmes) n’atteignaient pas les recommandations d’au moins 30 minutes d’activité physique par jour durant la période de confinement.

Lorsqu'on leur a demandé de comparer avec leurs pratiques d'avant le confinement, 47,4% des répondants (50,2% des hommes et 45% des femmes) ont déclaré avoir diminué leur activité physique. Plus du tiers d’entre eux (37,1%) ont déclaré avoir diminué leur activité sportive (sans différence significative selon le sexe) et une diminution de la marche a été rapportée chez 55,1% des hommes et 62,3% des femmes.

"Le manque d’activité physique était plus fréquent chez les personnes souffrant de dépression et de problèmes de sommeil durant cette période de confinement, tant chez les hommes que chez les femmes", développe l'étude, qui découle d'une enquête conduite sur un échantillon de 2000 personnes du 4 au 6 mai 2020, soit dans la dernière semaine du premier confinement.

Inégalités

Parmi les personnes s'étant astreintes à de l'activité sportive au moins une fois dans la semaine précédant l'enquête, 41% des femmes et 23,3% des hommes ont déclaré avoir utilisé "plus que d’habitude" des applications, des vidéos ou la télévision comme support à leur pratique.

Le manque d’activité physique est resté marqué socialement pendant le confinement. Il a davantage concerné les personnes issues de catégories socioprofessionnelles inférieures ou sans activité professionnelle, ainsi que les femmes les moins diplômées, celles en arrêt de travail ou au chômage partiel, et les mères d’enfants de moins de 16 ans.

"Les inégalités ont ainsi perduré pendant le confinement malgré une diminution déclarée de l’activité physique associée à un statut social élevé, observée pour les hommes comme pour les femmes", observe Santé publique France.

Sédentarité élevée surtout pour les hommes seuls

S'agissant de la sédentarité, donc le fait de peu se déplacer, les chiffres sont éloquants. Un tiers des personnes interrogées ont déclaré passer plus de 7 heures par jour en position assise, "sans différence significative selon le sexe, l’âge ou le niveau de diplôme".

"La prévalence d’un niveau de sédentarité élevé était supérieure chez les hommes et les femmes vivant en milieu urbain et travaillant à domicile pendant le confinement. Elle était plus marquée chez les hommes vivant seuls et chez ceux n’étant pas parent d’un enfant de moins de 16  ans", précise l'étude.

Il va de soi que la dépression, les problèmes de sommeil et les troubles d'anxiété ont accentué cette sédentarité dans bien des cas.

"Outre la forte augmentation du temps passé assis, notre étude a également montré que la rupture de la sédentarité a été insuffisante pour une majorité de la population. Moins de la moitié des personnes ont déclaré se lever au moins une fois par heure pour bouger ou marcher un peu en cas de temps prolongé passé assis, alors qu’il était recommandé de le faire au moins toutes les 30 minutes pendant le confinement", peut-on lire.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV