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Covid-19: situation "très préoccupante" en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, selon l'ARS

Du personnel médical transporte un patient infecté par le Covid-19 aux urgences de l'hôpital de Strasbourg après son arrivée en avion depuis la région lyonnaise le 6 novembre 2020. (Photo d'illustration)

Du personnel médical transporte un patient infecté par le Covid-19 aux urgences de l'hôpital de Strasbourg après son arrivée en avion depuis la région lyonnaise le 6 novembre 2020. (Photo d'illustration) - PATRICK HERTZOG © 2019 AFP

L'Agence Régionale de Santé s'attend à "quelques semaines encore difficiles", notamment dans les départements du Vaucluse et des Hautes-Alpes, où le taux de pression hospitalière est le plus fort.

La situation sanitaire est "très préoccupante" dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur où l'Agence régionale de santé a déclaré ce lundi ne pas observer encore de "ralentissement de la croissance" de l'épidémie de Covid-19.

Interrogé à propos d'un "infléchissement" observé par plusieurs spécialistes dont le directeur de l'AP-HP (hôpitaux de Paris) Martin Hirsch, le directeur de l'ARS Paca, Philippe Demester, a réagi: "Je suis très content pour l'Ile-de-France qu'il [Martin Hirsch] sente cette inflexion, en ce qui nous concerne c'est trop tôt pour le dire".

"Nous avons dépassé très largement le pic de la première vague"

"Il n'y a pas encore de ralentissement de la croissance ici", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, évoquant "une circulation virale qui s'accentue depuis deux semaines". "Tous les indicateurs augmentent, on est au-dessus de la moyenne nationale", a-t-il décrit. Le taux d'incidence régional du virus était de 535 pour 100.000 personnes pour la semaine du 26 octobre (avec une pointe à 743 pour 100.000 dans les Hautes-Alpes), contre une moyenne nationale de 491, "et une tendance à la hausse pour la semaine suivante".

La courbe des décès à l'hôpital est "bien plus forte qu'en avril, une trentaine de décès chaque jour", a ajouté Philippe Demester.

"Nous avons dépassé très largement le pic de la première vague, à 420 patients en réanimation, ce matin nous étions à 503 sur la région", a renchéri Anthony Valdez, directeur de l'organisation des soins de l'ARS.

760 lits de réanimation contre 480 en septembre

L'ARS s'attend à "quelques semaines encore difficiles", notamment dans les départements du Vaucluse et des Hautes-Alpes, où le taux de pression hospitalière est le plus fort. Actuellement la région compte 760 lits de réanimation (contre 480 en septembre) et a l'objectif de "monter jusqu'à 860".

Vendredi, l'ARS Paca a annoncé pour quatre semaines la déprogrammation de toutes les opérations non-urgentes. Douze patients de la région ont été transférés vers la Bretagne ces dernières semaines, mais l'ARS assure qu'à présent "on va surtout faire jouer la solidarité intra-régionale".

S'il a reconnu "un certain embouteillage des dispositifs de recueil des personnes décédées", le directeur de l'ARS a assuré qu'il n'envisageit "pas d'ouvrir un centre de concentration des personnes décédées dans la région", contrairement à ce qu'affirmaient plusieurs médias locaux.

S.B.-E. avec AFP