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Covid-19: où les Français se contaminent-ils le plus? Une étude livre de premières réponses

Une personne en train de se faire tester au Covid-19 (Photo d'illustration)

Une personne en train de se faire tester au Covid-19 (Photo d'illustration) - AFP

L’objectif de l'étude ComCor, qui sera présentée ce jeudi soir, est d’identifier les lieux ou les comportements entraînant un risque accru d’infection par le SARS-CoV-2.

BFMTV a eu accès aux premiers résultats de l'étude ComCor, menée par l'Institut Pasteur, et qui seront présentés jeudi soir, lors du point presse du Directeur Général de la Santé Jérôme Salomon. L’objectif de cette étude, réalisée pendant le couvre-feu et le confinement, est de comprendre comment et dans quelles situations les Français ont pu être infectés par le Covid-19.

L'étude a été réalisée avec des personnes infectées par le Covid-19 contactées par l'Assurance Maladie depuis le 27 octobre pour répondre au questionnaire en ligne établi par l'Institut Pasteur. Les conclusions présentées ce jeudi rassemblent les réponses de 30.330 personnes "ayant très vraisemblablement été infectées entre le 17 et le 30 octobre 2020". Des personnes non malades ont également été interrogées.

· Contamination au domicile et via ses proches

Une partie des résultats se concentre sur 25.644 réponses de personnes ne faisant pas partie du personnel soignant, "traités séparément car ils ont pu s’infecter différemment".

Selon ces données, 35% des contaminations se réalisent au domicile, quand la source de l'infection est connue. Dans 64% des cas elle vient du conjoint. Il est plus difficile de savoir quand elle vient des enfants, qui, souvent asymptomatiques, ne sont pas identifiés. Les contaminations sont, ensuite, plus nombreuses au contact de nos proches - famille (33%), amis (21%) mais aussi collègues (29%) - car les gestes barrières sont souvent moins respectés. Ainsi, "44% des personnes infectées connaissent la personne source qui les a infectées".

"Les repas jouent un rôle central dans ces contaminations, que ce soit en milieu familial, amical, ou à moindre degré professionnel. Les bureaux partagés sont également importants en milieu professionnel", note l'étude.

L'étude note également que "seulement 54%" des personnes interrogées se sont isolées "dès les premiers symptômes, et 64% dès la connaissance d’un contact avec un cas infecté, quand ces derniers ont été les seuls signes d’appel". Ce chiffre est important, car on sait que l'on peut être contagieux avant même les premiers symptômes.

· Les facteurs aggravants

L'étude liste également dans une deuxième partie, rassemblant malades et cas témoins, les facteurs augmentant les risques d'être infecté par le SARS-Cov-2, qui sont nombreux. On retrouve le nombre de personnes vivant à son domicile, le fait d'avoir des enfants scolarisés ou gardés à l'extérieur, mais aussi le fait de participer à des réunions physiques, qu'elles soient professionnelles ou privées.

La fréquentation des bars, des restaurants ou encore des salles de sport fait également partie des facteurs à risque identifiés par l'étude, comme le co-voiturage, ou le fait de s'être récemment déplacé à l'étranger. La fréquentation des commerces ne semble en revanche pas avoir augmenté le nombre de contaminations.

Par comparaison "aux cadres de la fonction publique qui ont un risque moyen, les cadres administratifs et commerciaux, les ouvriers dans l’industrie, les chauffeurs, et les professions intermédiaires de la santé et du travail social, ont eu un risque plus élevé d’infection par le SARS-CoV-2 pendant le couvre-feu ou le confinement partiel", note l'étude.

· Des résultats à considérer avec "beaucoup de prudence"

Il est important de préciser que ces résultats sont préliminaires, et n'ont pas été publiés par une revue scientifique. Bien qu'ils soient "cohérents avec ce que nous savons de la transmission du SARS-CoV-2", ces résultats "sont à considérer avec beaucoup de prudence", car ils "ne concernent que la période du couvre-feu et celle du confinement, et peuvent être entachés de biais importants", précise également le document.

Parmi ces biais, "la sélection de la population d’étude qui ne représente qu’une fraction faible de toutes les infections, et la possibilité que certaines réponses aient été influencées par la connaissance du statut malade ou non malade de la personne qui a répondu".

Ces résultats sont donc à prendre comme des indicateurs, et non des réponses absolues.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV