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Covid-19: le gonflement des ganglions lymphatiques, une réaction bénigne à la vaccination

Une femme en pleine consultation médicale (Photo d'illustration)

Une femme en pleine consultation médicale (Photo d'illustration) - Millus007-Pixabay-CC

À mesure que la part de personnes vaccinées croît dans le monde, certains effets indésirables surgissent et inquiètent. Plusieurs patients peuvent notamment faire état de gonflement de leurs ganglions lymphatiques. Une réaction immunitaire bénigne, soulignent des médecins.

Si vous venez de vous faire vacciner contre le Covid-19 et que vous constatez un gonflement de vos ganglions lymphatiques, pas de panique. Dans la plupart des cas, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car il s'agit d'un effet secondaire bénin lié à l'administration du vaccin, comme l'expliquaient dès mars dernier les médecins dans les revues scientifiques et les médias généralistes américains, tels que The Hill ou encore The New York Times.

Depuis le début de la campagne vaccinale aux États-Unis, un certain nombre de personnes vaccinées (hommes et femmes) avec les sérums à ARN messager (à savoir Pfizer et Moderna) ont observé une augmentation du volume de leurs ganglions lymphatiques, notamment au niveau de l'aisselle ou des cervicales du côté où ils ont reçu l'injection.

Le New York Times rapporte que dans le cadre des essais cliniques, 11.6% des personnes vaccinées avec la 1e dose de Moderna ont rapporté un tel gonflement, et 16% pour la seconde dose. Ces effets indésirables sont survenus entre 2 et 4 jours après l'injection, et ont duré environ 2 jours supplémentaires. Ils ne sont en revanche que 0.3% des vaccinés avec Pfizer à être concernés, mais ces gonflements dureraient alors pendant une dizaine de jours. Des chiffres probablement sous-estimés, dans la mesure où seuls les patients suffisamment inquiets pour avoir consulté sont comptabilisés.

"Une réaction biologique normale"

Des symptômes à première vue inquiétants, qui peuvent être confondus avec un signe de l'éventuelle propagation d'un cancer. Surtout que ces hyperthrophies ganglionnaires peuvent être visibles sur les mammographies, IRM et autres scanners de ces patients.

Dans le Journal of the American College of Radiology, les radiologues de l'hôpital général du Massachusetts tiennent à rassurer: il n'y a pas lieu de s'inquiéter. "Il s'agit d'une réaction normale qui disparaît généralement avec le temps", écrivent-ils dans un communiqué. Ils expliquent que les ganglions lymphatiques gagnent naturellement en volume après une vaccination, car c'est au niveau des ganglions que se développe la réaction immunitaire qui va permettre de lutter contre le coronavirus. C'est notamment le cas lorsqu'une personne se fait vacciner contre la grippe ou encore contre le papillomavirus. Par ailleurs, cette réaction immunitaire disparaît avec le temps.

"J’ai surtout envie de passer le mot à tous les patients sous surveillance après un traitement réussi du cancer. J’imagine leur angoisse (...) Si une femme a reçu un vaccin dans le bras et que les ganglions lymphatiques sont gonflés du même côté, c'est une réponse biologique normale. C'est tout à fait attendu", a déclaré à la presse américaine le Dr Constance D. Lehman, radiologue à l'hôpital du Massachussets.

Conseils à l'adresse des radiologues

Ainsi, pour ne pas fausser le diagnostic, les médecins américains ont dressé une liste de recommandations à l'adresse des centres d'imagerie médicale. En cas de gonflements ganglionnaires, ils conseillent de demander aux patients s'ils ont été vaccinés contre le Covid-19, quand, et dans quel bras ils ont été piqués.

Dans ses recommandations publiées en janvier 2021, ils préconisent aussi d’attendre quatre à six semaines après la deuxième injection du vaccin avant de prévoir tout examen radiologique. Et pour éviter toute confusion chez les patientes atteintes de cancer du sein par exemple, ils estiment que l'injection peut être faite dans le bras opposé à celui du malade, voire dans la cuisse.

Avec l'ouverture de la vaccination aux professionnels prioritaires ce lundi en France, la campagne va connaître un nouveau coup d'accélération avant l'ouverture à tous les adultes le 31 mai. À ce jour, plus de 23 millions de personnes ont reçu une première injection depuis le début de la campagne vaccinale (soit 34% de l'ensemble de la population adulte), selon la direction générale de la Santé. Le gouvernement vise désormais 30 millions de premières injections à la mi-juin.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV