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Covid-19: le Conseil scientifique préconise bien de réduire la quarantaine à sept jours

Jean-François Delfraissy, qui dirige le Conseil scientifique.

Jean-François Delfraissy, qui dirige le Conseil scientifique. - JOEL SAGET / AFP

Dans un avis transmis aux autorités jeudi dernier, et rendu public ce mercredi, le Conseil scientifique plaide pour la réduction de la phase d'isolement en raison du coronavirus de 14 à sept jours.

Il faudra peut-être revoir sous peu notre vocabulaire sanitaire et oublier la "quatorzaine". Dans un nouvel avis adressé le 3 septembre dernier aux autorités et rendu public ce mercredi, le Conseil scientifique préconise bien une réduction de 14 à 7 jours de la durée de l'isolement des malades et de leurs cas contacts, l'une des bases de la lutte contre la propagation du coronavirus.

Une contagiosité qui décroît

Deux arguments viennent particulièrement nourrir sa recommandation: "Le Conseil scientifique relève en particulier qu’avec les outils dont on dispose aujourd’hui, 'la transmission du Sars-CoV-2 à partir des personnes infectées est maximale entre 2 jours avant l’apparition des signes clinique et 5 jours après, et n’a été documentée que très exceptionnellement au-delà du 8e jour d’infection'.

De plus, 'il n’y a pas de virus cultivable au-delà du 8e jour chez les patients confirmés présentant des formes ne nécessitant pas d’hospitalisation, même si de très faibles traces du virus restent détectables par RT-PCR au-delà du 8e jour'".

Les gestes barrières pour "le risque résiduel"

L'instance a également précisé les modalités d'application de cette quarantaine plus brève, diverses selon la nature des cas. L'isolement de sept jours pleins devrait ainsi démarrer à "partir du jour du début des symptômes pour les cas confirmés, sans attendre les résultats du test" ; "à partir du jour du prélèvement positif pour les cas asymptomatiques" ; "à partir du jour du contact avec un cas confirmé pour les personnes-contact, suivi d’un test diagnostique réalisé au 7e jour d’isolement, isolement qui sera poursuivi si le résultat du test est positif".

"Durant la semaine qui suit la levée de l’isolement, le risque résiduel peut être parfaitement maitrisé par le port rigoureux du masque chirurgical, et le suivi scrupuleux des mesures d’hygiène et de la distanciation physique", estime le Conseil scientifique.

En outre, le Conseil scientifique prone une démarche volontaire d’auto-isolement à domicile, dès les signes de suspicion, même si cela entraîne l’isolement de tout le foyer.

Des "mesures de compensation" réclamées

Pour faire davantage respecter cette quarantaine, le Conseil scientifique ne préconise pas de "mesures contraignantes" mais recommande plutôt des "mesures fortes de compensation" des autorités à destination des personnes devant s'isoler.

Les scientifiques évoquent par exemple des arrêts de travail avec une suppression du délai de carence, "une prime de compensation de perte de revenus pour les professions indépendantes et pour ceux n’ayant pas de revenus réguliers", des certificats médicaux pour les mineurs et un "service de prise en charge à domicile des besoins (nourriture, soins de santé, assistantes sociales etc.) si nécessaire".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV