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Covid-19: l'infectiologue Gilles Pialoux regrette qu'"on continue à courir derrière le virus"

Invité de BFMTV ce lundi matin, Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris, a estimé que "nous n'avons pas retenu les leçons de la première vague".

Pour Gilles Pialoux , "on continue à courir derrière cette épidémie". En témoigne la fermeture des bars et restaurants à Marseille ces derniers jours et le passage de Paris et de la petite couronne en zone d'alerte maximale, annoncé ce dimanche. Des "mesures prises a posteriori", dénonce le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon à Paris sur BFMTV ce lundi.

"On est un peu dans même la situation que pendant la première vague, c'était-à-dire qu'on court après et pas devant", déplore-t-il.

L'infectiologue évoque "un exemple concret", celui des universités. La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé ce lundi avoir demandé aux "chefs d’établissement situés en zone d’alerte renforcée et en zone d’alerte maximale d’instaurer une jauge pour tous les espaces d’accueil à 50 % au plus de leur capacité nominale".

"Les amphithéâtres, c'était facile d'anticiper qu'il y aurait une circulation du virus chez les jeunes qui rentrent de vacances, qui continuent avec l'été indien", a réagi Gilles Pialoux sur notre antenne.

"Énervé par les faux-sachants"

L'infectiologue se dit "inquiet" de l'évolution de l'épidémie dans les prochains mois "compte tenu de ce qu'on voit du temps de doublement d'entrées de malades dans nos services et en réanimation", d'autant plus difficile à gérer que l'on "manque de personnel dans les hôpitaux".

"Il faut freiner cette circulation du virus, elle a été sous-estimée. Je pense que c'est la faute des politiques et des pseudo-experts qui s'expriment sur certaines chaînes. On n'a pas tenu les leçons de la première crise", a-t-il regretté.

"Là on est dans une situation où l'hôpital est rempli à 100% et où le Covid vient se rajouter", a-t-il expliqué. "Je suis extrêmement énervé par les faux-sachants qui nous répètent qu'on a de la place. On a de la place si on externalise les malades mais on ne peut pas le faire actuellement parce que les cliniques sont occupées, les personnels de province sont concentrés sur leur gestion de l'épidémie et ne viendront pas aider les réanimations d'Ile-de-France."

Des décisions à prendre à l'échelle locale

Pour lutter efficacement contre la pandémie de Covid-19, Gilles Pialoux mise sur la "déconcentration des prises de décisions", une "bonne nouvelle par rapport à la première vague".

"Les régions, les villes ont la possibilité de faire ce qu'on ne voit pas aujourd'hui au niveau national, par exemple une politique de dépistage adaptée, une politique d'isolement", a-t-il détaillé.

Fanny Rocher