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Covid-19 et fêtes de fin d'année: le généticien Axel Kahn déclare qu'il fera Noël "au mois de juin"

Le président de la ligue nationale contre le cancer rappelle aux Français qu'on "ne va pas faire Noël comme d'habitude" et leur recommande de "faire gaffe" le 25 décembre.

"Avec ma famille, je fais Noël au mois de juin". Les autorités sanitaires ne cessent de le répéter ces dernières semaines: les fêtes seront particulières cette année, avec la nécessité de respecter gestes barrières et distanciation sociale pour ne pas propager davantage le Covid-19 en France, alors que les indicateurs de la crise sanitaire ne s'améliorent pas.

Pour éviter les contraintes, et les risques de contamination à Noël, "moi j'ai fait un choix qui m'est personnel, avec ma famille, je fais Noël au mois de juin", a déclaré mardi soir sur BFMTV Axel Kahn, généticien et président de la Ligue nationale contre le cancer.

"Je considère qu'au mois de juin ça ira mieux, je pourrai embrasser mes petits-enfants, ce sera formidable. Alors que si je fais Noël là, je sais très bien qu'il faudra que je sois à trois mètres d'eux, avec un masque...", explique-t-il, et il n'est pas le premier à avoir proposé cette idée.

Le report ou l'annulation de Noël déjà évoqués plusieurs fois

Fin octobre, la Belge Frédérique Jacobs, cheffe du service infectiologie à l'hôpital Erasme de Bruxelles, avait déjà suggéré un report des fêtes de fin d'année à l'été. "Il faudra penser à reporter les fêtes de fin d'année en juillet-août quand il fait beau. Là vous pourrez faire une grande fête dans votre jardin", expliquait-elle sur la RTBF.

Une idée également reprise sur BFMTV par l'éditorialiste Christophe Barbier, qui avait parlé d'une "volonté collective et poétique de repousser Noël, et de dire que Noël ce sera le 25 mars 2021", rappelant que la France avait repoussé le second tour des élections municipales en mars.

Dernièrement, la vidéo du Premier ministre de la province canadienne du Manitoba demandant à ses concitoyens de rester isolé pour Noël a été largement diffusée.

"Je suis le gars qui vole Noël pour vous protéger, parce que vous devez le faire maintenant, vous devez faire le bon choix parce que l'année prochaine, nous aurons beaucoup à célébrer et nous célébrerons si nous faisons les bons choix cette année", a déclaré l'homme politique avec une émotion visible.

"Si vous faites Noël le 25 décembre, faites gaffe"

En plus de réunir des personnes de différentes tranches d'âges, souvent issues de différentes régions, les fêtes de Noël sont synonyme d'un moment à table, donc sans masque, et pourraient en effet aggraver la situation sanitaire. Les États-Unis en ont fait l'expérience dernièrement avec les fêtes de Thanksgiving, qui ont été suivies par des chiffres records de contamination dans le pays.

"Je pense que janvier va être terrible parce que vous allez avoir la vague de Thanksgiving superposée à celle de Noël. Il est donc tout à fait concevable que janvier soit pire", a déclaré début décembre au journal Newsweek Anthony Fauci directeur de l'Institut des maladies infectieuses et membre de l'équipe en charge de la crise sanitaire à la Maison Blanche.

"On ne va pas faire Noël comme d'habitude, ça c'est un problème de responsabilités individuelles", explique Axel Kahn. Il ne demande pas aux Français de suivre son exemple, mais "si vous faites Noël le 25 décembre, faites gaffe", déclare-t-il.

Une série de mesures ont été diffusées aux Français pour éviter au maximum les contaminations pendant les fêtes: il est conseillé de rester masqué quand cela est possible, et de respecter les gestes barrières. Lors de sa conférence de presse du 3 décembre, le Premier ministre Jean Castex a également recommandé une jauge maximum de 6 personnes à table, sans compter les enfants. Certains scientifiques conseillent également de s'isoler avant les fêtes et de faire un test PCR.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV