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Covid-19: à Dunkerque, le patron du Samu appelle les habitants à stopper le "carnaval underground"

Les soignants redoutent l'organisation de "carnavals underground", organisés en petit comité dans la sphère privée, alors que la situation sanitaire de Dunkerque s'est "dégradée brutalement".

À Dunkerque, le carnaval qui se déroule lors de Mardi gras est une institution. Mais en pleine épidémie de Covid-19, certains soignants s'inquiètent de la possible organisation de "carnavals underground", en petit comité dans la sphère privée. Alors que le taux d'incidence est bien plus important que la moyenne nationale, les autorités appellent à la responsabilité des habitants.

Une situation qui s'est "dégradée brutalement"

Depuis plusieurs jours, les environs de Dunkerque connaissent une aggravation de la situation épidémique, marquée par une part importante de cas de variant britannique avec "plus de 70% des tests RT-PCR positifs dans certains laboratoires", selon l'Agence régionale de Santé des Hauts-de-France.

La préfecture a alerté samedi sur une situation qui s'est "dégradée brutalement", avec un taux d'incidence à 658 pour 100.000 habitants, contre 384 la semaine précédente. Une situation qui pourrait s'expliquer notamment par la proximité avec l'Angleterre, mais pas seulement. La possible organisation de carnavals clandestins est également pointée du doigt par certains soignants.

"Il y a une concomitance entre un événement sanitaire important, avec un impact en termes de santé publique et ce carnaval que nous aimons tous, que nous attendons tous", souligne auprès de BFMTV Patrick Goldstein, chef du pôle urgence et du SAMU 59.

Des "chapelles souterraines"

"Probablement qu’il existe des chapelles souterraines, avec un lien social important et ceci a très probablement un impact sur ce territoire", ajoute-t-il. Ce dernier explique que dans le département, la pression hospitalière est précisément localisée à Dunkerque.

La situation sanitaire ne surprend pas le maire (Divers Gauche) de Dunkerque (Nord), Patrice Vergriette:

"C’est logique, puisque ce variant britannique est plus contagieux. Aujourd’hui, comme on n'empêche pas tous les regroupements, (les contaminations) vont monter. Je ne me fais aucune illusion là-dessus malheureusement."

"On n'a pas été entendus"

L'édile déplore le comportement de l'État, qui n'a pas pris en compte les remontés des élus de terrain dans sa gestion de cette reprise épidémique. La préfecture a en effet rejeté une demande des maires de la communauté urbaine de Dunkerque de fermer les établissements secondaires une semaine avant les vacances scolaires et de donner la possibilité de déroger à l'obligation d'envoyer ses enfants à l'école au primaire. 

"On a fait des propositions, on n'a sincèrement pas été entendus. L’État nous a proposé d’autres mesures totalement inadaptées à notre territoire", s'indigne le maire à notre antenne.

De son côté, la préfecture se justifie en expliquant que l'arrivée et la sortie des classes ont été décalées depuis lundi dans les écoles maternelles et élémentaires, tandis que les collèges et lycées fonctionnent désormais "en mode mixte (présentiel/distanciel)".

Auprès de nos confrères de La Voix du Nord, Patrick Goldstein appelle désormais les Dunkerquois à la responsabilité face à ces "carnavals underground", souhaitant éviter à tout prix de nouvelles déprogrammations d'opérations.

Esther Paolini Journaliste BFMTV