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Covid: 10% de la population infectée selon l'OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse en Suisse, le 11 mars 2020.

Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse en Suisse, le 11 mars 2020. - FABRICE COFFRINI / AFP

Environ 780 millions de personnes pourraient avoir été contaminées par le Covid-19 dans le monde, un chiffre bien supérieur aux données officielles actuelles de 35 millions de personnes positives.

Le coronavirus, qui aurait déjà infecté 10% de la population mondiale, est un "signal d'alarme" pour la communauté internationale, a estimé lundi le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une session extraordinaire du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la riposte au Covid-19.

780 millions de personnes touchées?

À ses côtés, le directeur des urgences sanitaires de l'OMS, Michael Ryan, a expliqué qu'environ 10% de la population mondiale pourrait avoir été infectée, soit environ 780 millions de personnes, soit 22 fois plus que les chiffres officiels ce lundi. Selon les données de l'OMS, et l'université Johns Hopkins, 35 millions personnes ont été testées positives dans le monde depuis le début de l'épidémie.

D'après Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans le monde, "10 pays concentrent 70% de tous les cas et décès signalés, et seulement 3 pays en contiennent la moitié". Les trois pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19 sont les États-Unis (7,4 millions de cas), l'Inde (6,6 millions de cas) et le Brésil (4,9 millions de cas).

Devant ces chiffres, Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé à une réforme plus rapide de l'OMS afin qu'elle soit encore plus efficace. "Nous ne sommes pas sur la mauvaise voie, (...) mais nous devons aller plus vite. La pandémie est un signal d'alarme pour nous tous", a-t-il déclaré, masqué. "Nous devons tous nous regarder dans le miroir et nous demander ce que nous pouvons faire de mieux", a-t-il ajouté.

"Nous encourageons les pays à venir avec de nouvelles idées"

Cette réunion extraordinaire de deux jours du Conseil exécutif de l'OMS, qui réunit les représentants de 34 pays élus pour une période de trois ans et est chargé de préparer et mettre en oeuvre les décisions des membres de l'organisation, n'est que la cinquième de son histoire.

Elle a été convoquée par l'OMS pour donner suite à une résolution approuvée par les États membres en mai, prévoyant une "évaluation indépendante" de la réaction de l'agence onusienne et de la communauté internationale à la pandémie. "Le monde a besoin d'un système robuste d'évaluation entre pairs", a pointé le patron de l'OMS, citant en exemple l'Examen périodique universel mis en place par le Conseil des droits de l'Homme, un examen auquel doivent se soumettre tous les membres de l'ONU régulièrement.

"Nous encourageons les pays à venir avec de nouvelles idées", a poursuivi l'Ethiopien, ajoutant: "Nous devons être ouverts au changement et nous devons mettre en oeuvre les changements dès maintenant".

L'OMS vivement critiquée

L'OMS a décrété l'alerte mondiale le 30 janvier face au Covid-19. L'institution a été vivement critiquée depuis, en particulier par les États-Unis, pour avoir tardé à décréter cet état d'urgence, alors que le coronavirus avait été signalé dès la fin décembre en Chine.

L'organisation a également été critiquée pour des recommandations jugées tardives ou contradictoires, notamment sur le port du masque ou les modes de transmission du virus. D'autres ont aussi souligné que l'organisation manquait à la fois de ressources budgétaires et d'indépendance face aux États.

Ces projets de réformes seront également discutés par les 164 membres de l'OMS en novembre.

Salomé Vincendon avec AFP avec AFP