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Coronavirus: un dispositif de suivi renforcé des malades testé en Ile-de-France

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Image d'illustration - Andreas Solaro / AFP

L'objectif est d'accompagner les malades du coronavirus ne présentant pas de symptômes graves. Des sites pilotes seront ainsi amenés à proposer un "accompagnement sur mesure" aux patients ne nécessitant pas une hospitalisation, afin de les aider à protéger leur entourage.

Un dispositif pilote a été lancé ce vendredi dans plusieurs hôpitaux d'Ile-de-France afin d'accompagner les malades du coronavirus ne présentant pas de symptômes graves, avec la possibilité d'hébergement dans des hôtels pour réduire le nombre de contaminations.

Ce dispositif, mis en place par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), avec l'Agence régionale de santé (ARS) et plusieurs collectivités locales, vise à "contrôler les chaînes de contamination potentielle", a expliqué le préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot.

Casser les chaînes de transmission du virus

Avec la mise en place du confinement, le nombre de nouveaux cas de contamination recensés par les autorités a sensiblement diminué ces dernières semaines. Mais il reste élevé, notamment en Ile-de-France, où près de de 2.400 personnes se trouvent toujours en réanimation.

"Notre bataille implique de casser les chaînes de transmission du virus", souligne le directeur de l'ARS Ile-de-France, Aurélien Rousseau. Un objectif qui passe selon lui par un "suivi renforcé des patients" afin d'éviter de nouveaux "foyers de contamination".

Pour mettre en place ce suivi renforcé, trois sites de l'AP-HP se trouvent mobilisés: l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris); l'hôpital Avicenne (Seine-Saint-Denis); et l'hôpital Bichat (Paris), allié à l'hôpital Louis Mourier (Hauts-de-Seine).

"Un accompagnement sur mesure"

Ces sites pilotes, selon l'ARS, seront amenés à proposer un "accompagnement sur mesure" aux patients atteints par le Covid-19 et ne nécessitant pas une hospitalisation, afin de les aider à protéger leur entourage.

"Quand on constatera, avec les personnes concernées, que le respect du confinement à domicile n'est pas possible, ou qu'il fait courir un fort risque de contamination, alors on basculera dans la recherche d'un hébergement alternatif", explique Aurélien Rousseau.

Dans ce cadre, des hébergements en hôtel seront possibles, de même que des hébergements dans des centres dédiés. "Cela se fera en accord" avec les patients, souligne le directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch, qui exclut toute contrainte.

"Notre but, c'est de mieux connaître les malades et leurs besoins", pour voir quelles sont leurs "interactions avec leur entourage familial, leurs voisins ou les personnes qu'ils côtoient lorsqu'ils vont faire des courses", détaille Martin Hirsch.

Des hôtels mobilisés

Interrogé sur le nombre d'hôtels qui pourraient être mobilisés dans le cadre de ce projet, le responsable de l'AP-HP n'a pas avancé de chiffre, assurant que les besoins seraient affinés en fonction du diagnostic établi auprès des patients.

"Les hôtels ne sont pas un facteur limitant", a toutefois souligné Martin Hirsch, en insistant sur les importantes capacités hôtelières de la région.

Le groupe Accor volontaire

Interrogé jeudi sur France Inter, le PDG d'Accor, Sébastien Bazin, a assuré que plusieurs de ses établissements avaient donné leur accord pour accueillir des malades, une pratique qui pourrait être généralisée en France si le projet pilote s'avère concluant.

"On a déjà aujourd'hui plus de 300 hôtels qui ont dit oui et qui sont volontaires pour aider le monde médical. Ce sera au prix coûtant de la chambre, entre 30 et 50 euros", a indiqué le PDG du sixième groupe hôtelier mondial.

Pour les établissements concernés, "les mesures de sécurité sanitaire seront renforcées avant, pendant et après, puisque ces hôtels sont destinés à rouvrir, donc à accueillir des clients", a-t-il précisé.

Cy.C avec AFP